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Invité Invité
 | Sujet: Le mal de l'impuissance Lun 22 Juin 2009 - 17:58 | |
| D'aussi loin que je me souvienne, ce sentiment ne m'a jamais quittée. Est-ce qu'il y a quelque chose qui m'échappe, est-ce que j'ai tort de me soucier? Comment vivre bien avec ce genre de sentiment? Le recul... On ne peut pas changer la vie des autres certes mais j'ai bien du mal à accepter impuissamment tant de douleurs, tant de souffrances ignorées par ceux qui prennent sans jamais se demander s'ils y ont droit, s'ils ne manquent pas de respect?
Présentement, c'est ma belle-soeur Camille qui m'inquiète, j'essaie d'être là pour elle mais c'est bien peu de choses. C'est la femme de mon frère aîné Noam, séparés depuis deux ans, ce frère vient de mettre en cloque mon ex meilleure amie sans se préoccuper de demander le divorce avant.... merde on se croirait dans les feux de l'amour! L'histoire est longue, bien trop longue pour que je l'explicite. Camille et Noam se sont aimés pendant 6 ans, voulaient un enfant mais Camille est stérile, son désir d'enfanter était pourtant si beau, je suis persuadée qu'elle aurait fait une excellente mère. Camille voulait adopter un enfant, peu importe sa couleur, mais Noam n'a jamais pris d'initiative pour se renseigner sur la procédure d'adoption, il a fait l'autruche comme il l'a toujours fait (en abandonnant par exemple ses petits frères et soeur en bas âge). Camille n'en pouvait plus de cette situation, ils se sont séparés. Elle a eu beaucoup de mal à accepter sa stérilité, en même temps sa mère parisienne divorce de son beau-père après 17 ans de mariage, elle doit ramasser sa mère à la petite cuillère, chaque week-end elle fait 600 km pour aller chez sa mère. Il y a deux semaines, elle apprend que la nouvelle copine de Noam est enceinte, là c'est un coup de grâce. Ils ne sont ni divorcés et Noam veut vendre la maison commune sans se préoccuper des besoins de Camille. Je suis révoltée et terriblement triste de cette situation. Là je viens de voir le pseudo msn de Camille "à quoi bon lutter..." et sa photo avec une fleur noire... Elle me dit de ne rien dire à Noam, je respecte mais je le déteste de penser à son bonheur et laisser Camille dans la douleur. Je le vois rire, dans son bonheur parfait et à côté je pense à Camille qui est dans l'abîme, je ne peux rien dire. C'est une fille vraiment bien, généreuse, intelligente, gentille, et elle est là, abandonnée! Je suis à nouveau la seule de cette famille à prendre de ses nouvelles, à lui changer les idées. Pourquoi les gens sont-il si égoïstes? Pourquoi sont-ils incapables de se mettre à la place des autres? Pourquoi ne pas respecter les gens bons? (trop bons?)
Comment Camille peut-elle revivre après tout ça? Comment? Elle est forte, c'est une battante mais il y a des limites, ca fait des mois que je crains qu'un jour elle en arrive à se suicider. Je suis en colère, tellement en colère et triste à la fois.
Noam doit se bouger et assumer, il ose même pas prendre le téléphone et composer un num, mais où on vit, il vient dire qu'il est autiste, mais ouais c'est ça, il sait pas ce que c'est un autiste! C'est un lâche et il ferait bien d'assumer ! Beaucoup d'humains sont comme ça, lâches, malheureusement, mais ceux-là qu'ils dégagent de ma vie!
Ca m'tue toutes ces souffrances inutiles que les gens, se prétendant biens, font... Toujours cette inadéquation entre ce qui est dit et ce qui est fait, vraiment dingue, les gens pourris par leurs besoins insatiables de plaisirs immédiats et de besoin de plaire, ça m'fait royalement gerber. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Lun 22 Juin 2009 - 21:41 | |
| "Ca m'tue toutes ces souffrances inutiles que les gens, se prétendant biens, font... Toujours cette inadéquation entre ce qui est dit et ce qui est fait, vraiment dingue, les gens pourris par leurs besoins insatiables de plaisirs immédiats et de besoin de plaire, ça m'fait royalement gerber."
Idem.
"Je suis à nouveau la seule de cette famille à prendre de ses nouvelles, à lui changer les idées. Pourquoi les gens sont-il si égoïstes? Pourquoi sont-ils incapables de se mettre à la place des autres? Pourquoi ne pas respecter les gens bons? (trop bons?) "
Certains ne comprennent pas la valeur de la vie, que ce soit mettre au monde ou ôtez la vie.
Ou sinon ils comprennent trop tard... Que faire contre cela ? Je ne sais pas. |
|  | | Votre admin Admin

Messages: 1814 Date d'inscription: 10/04/2008
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Lun 22 Juin 2009 - 21:56 | |
| Penses tu, My_illusion, pouvoir empêcher l'être humain de faire preuve d'égoïsme? Personnellement je pense qu'en chacun de nous sommeil une part (plus ou moins importante selon les individus) d'égoïsme qui se réveille dès lors qu'il s'agit de survivre. Le danger est que cette part d'égoïsme se réveille dès lors qu'il s'agit de vivre. Ton frère ne serait t-il pas perfectionniste voir idéaliste? Et puis penses tu qu'il désirait cet enfant? |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Lun 22 Juin 2009 - 21:58 | |
| "dès lors qu'il s'agit de survivre. "
On pourrait voir le pire de l'homme avec ça... |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Mar 23 Juin 2009 - 7:13 | |
| Perfectionniste voire idéaliste? Quels éléments te font penser à ça?
Bien sûr que nous avons tous de l'égoïsme mais le Surmoi n'est-il pas fait pour le contrôler? Une personne dépourvue d'égoïsme serait 4 pieds sous terre. Certaines personnes sont moins capables que d'autres à puiser dans ce mécanisme de survie, pas pour rien que c'est souvent des gens bons qui se suicident. Les pires bourreaux sont ceux qui ont la peau bien plus dures.
Noam n'est pas un bourreau loin de là, c'est un gars qui fait preuvre du moindre effort, un gars qui sait pas ressentir à la place des autres, qui aime apprendre seul sans rien demander à personne. Idéaliste il est loin de l'être, il sait que la vie est merdoc alors il en profite comme il peut. Perfectionniste, je ne pense pas, quand il commence quelque chose il ne le termine jamais, juste assez pour recevoir des louanges de son travail. Il a foiré toutes ses études sup, sans jamais travailler jusqu'à l'âge de 30 ans, faut bien qu'il s'y mette vu que sa femme n'est plus là pour l'entretenir! C'est un gars intelligent pourtant, il a appris énormément par lui-même. Il disait que s'il n'a pas réussi à l'école c'est parce qu'il ne supportait pas l'autorité des profs, quelle belle excuse, encore une belle preuve de lacheté. Au lieu d'avouer qu'il avait pas envie de se faire chier à apprendre ce qui l'intéresse pas. C'était un excellent élève en primaires, secondaires, premier de sa classe, poussé par la pression parentale probablement. Il adorait construire des choses, une petite bombe qu'il a fait exploser dans le jardin, une machine à électrochocs qu'il se plaisait à utiliser sur ses petits frères et soeurs. Il était excessivement colérique quand il était petit, tellement qu'un jour il a failli tuer son frère en l'étranglant. Je l'ai toujours éviter pour cette raison, il était aussi colérique que son père. Lui, il dit qu'il s'est senti rejeté par ses frères et soeur, à se demander pourquoi? Il faisait rien de bon à vrai dire, toujours à nous martyriser et à s'enfermer dans son monde. Comme il a 8 ans de plus que moi, il s'amusait à me convaincre de me dénoncer aux parents en me disant qu'il me donnerait quelque chose en échange et que comme j'étais petite on me ferait rien à moi. J'ai jamais vu la couleur de ses promesses. Ca se sent que je le déteste? LOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL Ouais, il a rien fait de bon. Et j'suis énervée de plus bel avec son irresponsabilité perpétuelle, envers Camille cette-fois.
Pour l'enfant, oui je pense qu'il le voulait mais il était trop fainéant et trop coincé que pour faire des démarches avec Camille, elle s'est toujours sentie seule dans les prises de décisions. C'est bien plus facile de trouver une poule féconde, pas vrai? Camille me disait et c'est bien vrai qu'à part sa gueule et celle de sa poule et son enfant, le reste du monde n'existe pas. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Mar 23 Juin 2009 - 8:17 | |
| Comme il doit être bon de pouvoir laisser aller sa colère sans risquer de froisser personne, car ici, personne n'est concerné !
Je te rejoins sur le thème de l'égoïsme. Une dose d'égoïsme est vitale pour pouvoir prendre soin de soi, s'écouter et se protéger. Tout est une question de mesure. Savoir être égoïste tant que cela ne porte pas de réels préjudices aux autres, c'est même une qualité qu'il faut savoir cultiver.
Ton frère a-t-il lassé Camille principalement pour la raison qu'elle ne peut avoir d'enfant ou est-ce plus compliqué que cela ?
Quand c'est le cas, c'est affreux ! En quoi une femme peut-elle être rendue coupable d'une chose dont elle n'est pas responsable, qui la dépasse et dont elle souffre sans doute déjà atrocement ? Dans ce cas, il s'agit bien d'abandon ! et encore une "double peine" ! Oui…que de gâchis !
Tu dis: "Pourquoi sont-ils incapables de se mettre à la place des autres?"
L'empathie est rarement quelque chose de naturel, cela s'apprend, s'observe chez les autres, et il faut vouloir décider de mettre ce sentiment dans notre sac de valeurs. Tout le monde n'a pas ces possibilités. Il faudrait donc essayer de "prêcher" cette valeur autour de nous, en donnant l'exemple le plus souvent possible.
Pour ton frère, si vos rapports sont difficiles ou inexistants, tu ne peux sans doute pas "l'éduquer" à l'empathie. Cependant, .si tu pouvais parler avec lui, attirer son attention sur les répercussions de son attitude sur sa femme, sans juger, avec empathie si possible, cela pourrait PEUT-ETRE le faire siller un peu et provoquer un sursaut d'humanité. On ne peut que semer des choses, humblement. On ne peut pas faire changer les autres. Mais semer pour que d'autres récoltent…..c'est mieux que rien non ?
Tu parles de "souffrances inutiles". C'est un thème qui m'est cher. Je pense que nous manquons de formation psychologique, que c'est une matière qui devrait être enseignée à l'école, et qu'on ne peut pas vivre ensemble et avec soi-même sans s'appuyer sur la psychologie. Beaucoup de souffrances seraient évitées, j'en suis certaine.
Pour ma part, avec mes deux enfants, j'essaye de faire entrer la psychologie au quotidien. Je ne sais pas toujours ce qu'ils en gardent, mais je sème…. beaucoup de sujets ont une approche intellectuelle ou récréative, mais toujours aussi émotionnelle et je m'attache à ne jamais la laisser dans l'ombre. Il n'y a pas de résultats immédiats, un de mes fils a de gros problèmes de comportement, mais je pense et j'espère que la situation serait pire si je ne le laissais pas s'exprimer avec empathie justement, aussi souvent que possible.
Si notre action sur ceux de notre génération est limitée, nous pouvons agir sur nos enfants. Et c'est une bonne raison d'en avoir, pour faire évoluer toutes ces valeurs.
Pardon…je m'égare. |
|  | | Votre admin Admin

Messages: 1814 Date d'inscription: 10/04/2008
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Mar 23 Juin 2009 - 21:26 | |
| Si je t'ai demandé, My_illusion si ton frère n'était pas perfectionniste voir idéaliste c'est parce que je pense que les plus égoïstes sont les individus qui se concentrent tellement sur la recherche de la perfection, voir de l'idéal qu'ils négligent tout ce qui se passe autour d'eux! |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Le mal de l'impuissance Dim 28 Juin 2009 - 3:25 | |
| Je n'ai pas pu m'empêcher d'exprimer ma colère concernant le fait que Noam ne prenait pas ses responsabilités vis-à-vis de Camille. Enfin, quand je dis que j'ai exprimé ma colère, j'ai du le faire convenablement car Camille m'a dit hier qu'elle a été toute étonnée de voir Noam venir tondre la pelouse et dire qu'il allait entamer la procédure de divorce. Bien sûr, elle se doute que c'est moi qui ai parlé même si elle m'avait demandé de pas le faire. Ca me soulage déjà, j'espère que derrière ces paroles, les actes seront à la hauteur... (peu d'humains en sont capables, désolée si j'ai une image très dégradée de l'humain moyen, je ne fais qu'observer...) J'ai longuement discutée avec mon amie suicidaire, suite au coup de téléphone et ses pensées suicidaires encore fort présentes, j'ai du être égoïste sur le moment-même car le lendemain quand elle m'a dit des mots rassurants (je sais qu'elle voulait davantage me rassurer) j'ai voulu garder cette image et me concentrer sur mes examens... Elle a retenté de se suicider pendant cette période. Je l'ai su par (peu importe par qui) et je lui ai téléphoné pour se voir, ce qu'on a fait le lendemain de mon dernier examen, je l'ai laissée parler longuement, elle est très mal et j'ai fait de mon mieux, sans minimiser la réalité de sa détresse, pour lui donner des pistes pour s'autonomiser, elle disait que ça lui a fait beaucoup de bien. Au soir, elle a été voir un psychiatre avec son père (gros soucis avec ses parents qui l'ont violentée pendant son enfance) et ça c'est super bien passé. Quand je l'ai vue, j'ai hallucinée, elle a perdu plus de 10 kilos, c'est laid à regarder! Je la lâcherai pas mais je ne m'investirai plus comme je l'ai fait avec mère et ma soeur car j'ai bien compris que c'est à l'autre de prendre sa vie en mains, je ne peux pas le porter car cela le fragilise, le dépossède de ses capacités de résilience. Je crois en ses capacités et j'espère qu'elle ne fera pas la bêtise de parvenir à mourir car je sais qu'un jour elle parviendra à se relever, c'est une battante :-). Elle a une intelligence surdouée, ce qui ne gâche rien! Un jour ce sera différent, je me suis répété ça pendant des années, et la preuve est là, ma vie a changée parce que le temps est passé, parce que j'ai grandi, parce que j'ai appris, parce qu'on m'a appris ! Je lui ai dit "t'es pas pressée pour mourir, je veux dire tu peux te laisser du temps non?" Le mal qui lui pèse très fort en plus d'avoir remuer ses traumatismes d'enfance est le fait que sa meilleure amie, sa confidente a du prendre de la distance car c'était trop dur à porter... Je comprenais très bien lorsqu'elle me parlait de ce sentiment d'abandon qui fait fondre tout en soi. Je lui ai donc bien expliqué pourquoi sa meilleure amie a réagi ainsi et surtout, je lui ai dit que le temps apaisera et sa douleur et la relation avec sa meilleure amie, ce n'est pas un abandon pour toujours, juste le temps qu'elle trouve des forces en elle, autour d'elle pour remonter, privilégier de nombreuses accroches et pas une seule personne comme elle a fait, et comme j'ai fait également! Je lui ai dit que j'étais là, qu'elle pouvait m'interpeler quand elle voulait. Elle n'a pas intérêt à mourir car là ça va être un choc fort difficile à encaisser (mais que j'encaisserai tout de même!), je déteste que l'on fasse du gâchis avec un tel potentiel! Sur l'autoroute, nous avons vu une voiture en feu (la berme centrale nous séparait), c'était en France d'ailleurs, et aucune voiture ne s'est arrêtée pour éteindre ce feu, la voiture aurait pu exploser et tout le monde s'en fichait visiblement. Si j'avais été au volant de la voiture et dans la bonne direction, j'aurais pas hésité à me mettre sur la bande d'arrêt d'urgence et utiliser mon extincteur ! J'comprends pas cette passivité et ce manque de réalisme, c'est bien plus dangereux de passer son chemin que d'essayer d'agir. Ce genre de choses créé dans mon esprit toute une cascade d'émotions dégradée sur l'humain. Si j'étais passée en me disant "wow faut que je trace pour pas que ça explose et me tue", j'aurais ressenti une culpabilité ingérable, c'est pas envisageable que je me comporte comme ça. J'avais d'ailleurs envie de traverser l'autoroute et quand même essayer mais y avait pas d'extincteur dans la voiture grrrrrrr et le danger de traverser l'autoroute à pieds est fort élevé ... Je suis une casse-cou mais je mesure les risques tout de même. On a entendu à la radio que le feu a été maîtrisé, ouf! Bonne nuit  |
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