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 Poème à Monsieur K

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ma-lice



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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Sam 14 Nov 2009 - 13:17

Merci!
La suite des événements c'est passé comme cela : j'ai continué le suivi avec mon nouveau psychiatre à qui j'ai expliqué mon problème avec les diagnostics, il n'a pas répondu grand chose (je pense qu'il ne voulait pas s'avancer), mais peu à peu il a quand même réussi à me détendre et il y a deux semaines il m'a dit qu'à son avis je n'étais absolument pas borderline. Ca fait plaisir, parce que c'est LE grand spécialiste des troubles de la personnalité borderline qui me dit ça, alors ça me rassure sur le fait que je n'ai pas totalement perdu l'esprit. Nous en avons encore discuter hier et il reste sur la même position, il en vient même à se demander comment ils ont fait leur diagnostic. Alors je suis contente, je suis sur la même longueur d'onde que lui ce qui est bon signe pour la suite du suivi.
je pense que ce qu'il faut retirer de cette histoire c'est surtout qu'il faut se croire soi, croire en ce que l'on est, savoir que nous avons la possibilité de nous comprendre mieux que les autres. Ils sont médecins, mais ils n'ont pas le libre accès à notre âme. C'est d'ailleurs ce que je leur ai dit :
Il me dit "mais j'ai quand même fait 10 ans de médecine"
Je lui répond "oui, ça fait 20 ans que je me connais, en quoi dix ans de médecine vous donne plus de légitimité à savoir ce qui se passe à l'intérieur de moi que moi-même?"

Nous nous connaissons, et quand quelque chose d'incohérent nous tombe dessus, parce que cette chose est dite par des blouses blanches, il arrive que l'on se pose des questions sur notre légitimité à penser, à réfléchir, à nous connaitre. Ces doutes n'ont pas de raisons d'être, il faut se battre pour continuer à exister, continuer à être plus qu'une liste, plus que des symptômes. Parce qu'avant d'être "malade" nous somme humains.
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ma-lice



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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Mer 18 Nov 2009 - 9:41

Oulala je suis de mauvaise humeur... enfin, c'est entre la mauvaise humeur, la tristesse et l'impression de folie. Il arrive des moments ou on se dit : soit c'est moi qui perd la tête, soit, sans exagérer, les psys inventent des symptômes et en "oublient" d'autres juste pour faire joli dans leur case diagnostic!! Alors à bien y réfléchir, au vu du nombre de personnes qui vont chez des psys, je préfère encore penser que je suis folle. C'est moins terrorisant...
Je m'explique : je viens de récupérer la fin de mon dossier médical. Il n'y a effectivement plus "trouble de la personnalité borderline" dedans, mais simplement "trait de la personnalité labile type borderline". Alors voilà, ce n'est pas le problème en soi... le problème c'est qu'encore une fois je ne comprends pas comment ils en sont arrivés à cette conclusion... (normal je suis folle, vous me direz).
L'autre problème, qui me fait extrêmement mal, mais mal physiquement, qui me donne envie de vomir...qui me torture, qui ratatine le peu d'estime de moi que j'avais encore.... c'est que mon viol n'apparait même pas! Non... en lisant ce dossier on en conclut que je suis une folle qui a une vie très bien et qui s'amuse à sortir avec des gens plus vieux qu'elle qui sont déjà pris, comme ça. Puis paf qui a un jour envie de se tuer et qui s'automutile, on sait pas trop pourquoi. Eu... alors je sais pas non plus... limite j'en suis arrivée à me demander si c'est pas moi qui ai inventé toute cette histoire... peut-être qu'ils ont raison et que soit, ça ne c'est jamais passé, soit ça c'est passé mais ça ne vaut même pas la peine de mettre, ne serais-ce qu'un mot, là dessus... C'est possible...

enfin je me laisse pas convaincre que je suis folle aussi facilement que ça. Surtout que mon autre psy pense pas comme mes anciens alors bon... j'ai pris le peu de force qui me restait, j'ai pris mon courage à deux mains et j'ai écrit un mail à ce cher monsieur K :

Bonjour Monsieur,

Je viens d'aller cherche le résumé de fin de suivi et je tenais à y apporter quelques petits détails. Je ne vous demande pas pour autant de le changer, j'aimerais cependant préciser quelques points qui me semblent importants. Je m'excuse d'avance pour le désagrément occasionné par ce message et souhaite ne pas vous avoir dérangé outre mesure.

Tout d'abord, après vérification avec le docteur S (qui me l'a confirmé par deux reprises), je ne souffre aucunement d'un trouble de la personnalité borderline. Etant un des grands spécialistes dans ce domaine j'imagine que son expertise est à prendre en compte. Il a, de même, préciser, après la lecture des résultats des tests du Rorschach et du TAT que je n'étais, contrairement à ce qui y est indiqué, pas une manipulatrice. Ajoutant à tout ceci que ces test étaient souvent interprétés de manière excessive dans la tradition xxx, malheureusement, car ils représentent, d'après lui, un bon moyen d'explorer l'inconscient lorsqu'ils sont manipulés correctement. Cela va donc dans le sens de ce que je pensais. En tant que profane je ne voulais, cependant, pas m'avancer plus à ce sujet.

Il y a d'autres points que, j'espère, vous pourrez éclaircir. Tout d'abord en ce qui concerne la "peur de l'abandon". J'en ai longuement discuter avec le docteur S qui m'a précisé qu'il s'agissait, dans le trouble de la personnalité borderline d'une peur "abandonnique", peur qui est donc couplée de gestes inconscients pour se faire, effectivement, abandonner. Je ne vois pas très bien en quoi cela correspondrait à mon histoire n'estimant ne souffrir ni de peur de l'abandon à proprement parler (ou en tout cas pas de manière pathologique) ni de peur "abandonnique".
En me penchant sur mon dossier médical, j'ai alors trouvé ce qui aurait pu vous faire penser cela. Je me rappelle relativement bien de cet entretien qui s'est déroulé en votre absence. Il est possible que mon interprétation soit divergente de la votre et qu'elle soit biaisée, je le reconnais volontiers, il n'est, cependant, pas de en mon pouvoir de le juger. Je vous décris brièvement comment c'était passé cet entretien. Madame P m'avait demandé pourquoi j'étais restée si longtemps dans cette relation qui ne me convenait pas. Je lui avais répondu que j'avais peur que ce cher monsieur exécute ces menaces de mort. Puis elle m'avait posé la question : "mais vous aviez peur de vous faire abandonner aussi, non?". Je crois me souvenir avoir dits ces mots (plus ou moins exactement) : "je ne crois pas, mais c'est possible".
Il me semble que lorsque la réponse attendue est dans la question posée, cela crée un biais. C'est, du moins, ce que j'ai appris au cours de mes recherches dans le cadre de l'université. Je reconnais, cependant, qu'il est possible que mon interprétation soit faussée par, justement, un trouble quelconque de la personnalité. Je ne peux m'empêcher, ceci dit, de repenser à un cours de psychopathologie donné à l'université de Genève où le professeur qui prêchait les théories du cas unique, avait affirmé "les psychiatres, souvent, mettent les gens dans des cases. Et quand ça ne rentre pas tout à fait, ils liment un peu les angles, histoire que cela soit le plus cohérent possible". Encore la semaine passée, à une conférence donnée par Pierre Marquet, psychiatre, celui-ci précisait qu'il n'était sûrement pas bon de mettre des étiquettes sur les gens, mais que dans le cadre de la psychiatrie cela était rassurant pour le thérapeute car un trouble nommé est égal à une stratégie de soins donnée. Je comprends alors cette question posée par madame P sous cet angle, tout en restant prête à entendre tout argument venant contredire mes affirmations.

L'autre question que je me posais, était sur l'excessive valorisation/dévalorisation décrite. N'ayant pas trouvé de points dans mon dossier médical ayant dans le sens de l'un ou de l'autre, j'espérais que vous puissiez m'en donner des exemples qui me seraient fort utiles pour mieux comprendre votre interprétation. Il me semble tout de même cohérent que je ne ressente pas beaucoup d'amitié envers la personne qui, en plus de m'avoir agressé sexuellement, m'a, maintes fois, menacé de mort, mais cela reste, aussi, ouvert à toutes discutions.

Autre point qui me laisse perplexe, celui de l'instabilité dans mes relations interpersonnelles. Je ne comprends pas de quoi vous parlez exactement lorsque vous avancez cet argument...? Mes relations interpersonnelles, comme précisé auparavant, me paraissent d'une stabilité que peu de gens égalent. Mes amitiés datent, pour la plus part de plus de 7 ans, pour les plus longues elles vont jusqu'à 20 ans (12 ans avec ma meilleure amie qui est aussi, actuellement ma colocataire, et, d'après ses propres dires, heureuse de l'être). Quand à ma famille, je garde de bons contacts avec elle, même avec mon frère malgré la distance géographique qui nous sépare (je suis, d'ailleurs, bien que cela ne prouve rien, la marraine de sa fille). Instabilité dans mes relations amoureuses, peut-être? Je ne puis cependant, encore une fois, aller dans votre sens. Mon premier petit ami et moi sommes restés ensemble un an et demi, la rupture s'est faite de consentement commun. Quand à la relation que j'ai eu avec la personne qui m'a abusée, il se trouve que si instabilité il y avait, elle ne semblait, à première vue, pas venir de moi. Cette personne étant extrêmement malheureuse et, j'ose le dire, inadaptée (au point d'être violent dans la parole et dans les actes), cette relation ne pouvait être représentative d'une quelconque stabilité, je vous l'accorde volontiers. Je tiens à dire, cependant que d'affirmer que je souffre d'une instabilité dans mes relations interpersonnelles me semble être une généralisation un peu excessive, bien que je reste ouverte à toute objection et argumentation à ce sujet (cela me ferait même plaisir).


Un dernier point sur la médication. Vous dites qu'a été observée une amélioration de mes symptômes après médication. Je ne pense pas me souvenir de cela, il me semble avoir été toujours déprimé, avoir toujours envie de mourir et de plus être encore plus angoissée qu'avant celle-ci. La tentative de suicide arrive, de plus, après la médication, si mes souvenirs sont bons (après l'arrêt de la médication, par contre, j'ai senti un réel progrès dans la symptomatique, j'ai fait moins de crises de paniques. Cela peut-être du à la reprise du travail, j'en prends compte). Je ne veux pas vous contredire, j'aimerais simplement comprendre comment vos réflexions ont été construites et pouvoir dialoguer avec vous sur celles-ci.

Pour finir, je tenais à préciser, que si, d'une manière ou d'une autre, vous avez ressenti un sentiment de dévalorisation venant de ma part, je m'en excuse sincèrement. Je ne doute pas de votre bonne volonté. J'ai, d'ailleurs écrit un livre au sujet de ce suivi qui est en ce moment en comité de lecture en vue de le faire publier. Je tenais à ce que vous puissiez lire la conclusion de celui-ci qui vous concerne directement.
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ma-lice



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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Mer 18 Nov 2009 - 9:46

Il y a pas un smiley qui se cogne la tête contre les murs?
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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Jeu 19 Nov 2009 - 22:19

"Puis elle m'avait posé la question : "mais vous aviez peur de vous faire abandonner aussi, non?". Je crois me souvenir avoir dits ces mots (plus ou moins exactement) : "je ne crois pas, mais c'est possible".
Il me semble que lorsque la réponse attendue est dans la question posée, cela crée un biais."
J'adore le ton ironique de cette lettre Ma-lice, j'ai envie de dire "bien envoyé" lol!!

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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Jeu 19 Nov 2009 - 23:08

Oui c'était assez exutoire, mais "comme par hasard" aucune réponse... Smile hahaha mieux vaut parfois se taire, c'est ce qu'il doit penser! Moi, je vous le dit, il veut pas m'écouter? Et bien il va m'entendre! Parce que j'ai un problème avec son dossier qui est d'un autre ordre : pas de mention du viol = impossibilité pour moi de poursuivre un jour mon agresseur en justice car pas de preuves matérielles. Après avoir parlé à une assistante sociale elle m'a affirmé que ma seule arme était "mon état psychologique" après le viol. Et vous savez quoi? Bah je n'ai plus d'armes du tout, du coup! On dirait un peu une bataille rangée et parfois je me demande de quel côté ils sont eux, psychiatres, qui sont supposé "m'aider"!
Alors... on va passer à l'étape deux du plan de reconstruction de ma-lice, et on va demander à mon nouveau psy (monsieur S) s'il serait d'accord d'écrire lui-même une charmante lettre à ce cher monsieur K, qui mérite de se faire tirer les oreilles, tant qu'à faire, autant que ça soit quelqu'un qu'il respecte qui le fasse et pas une "folle à interner", ça serait bien. Peut-être qu'il ne sera pas d'accord d'écrire cette lettre, mais sérieusement, ça m'aiderait bien pour si jamais, un jour, je trouve la force d'affronter la personne qui m'a détruite... J'aimerais au moins avoir l'option.
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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Ven 20 Nov 2009 - 18:19

Vous savez quoi? J'en ai sacrément marre de me battre contre des moulins à vent! Des gens qui sont simplement incapables de se remettre en question... ça m'énerve. Si seulement il m'expliquait pourquoi il a simplement omis de préciser dans le dossier que je me suis fait violer, ça m'aiderait un peu à me reconstruire, ça serait sympa! Mais non, monsieur préfère se taire! ARG! J'en ai parlé à mon psy aujourd'hui, il m'a dit que je devrais lui réécrire pour lui demander de me répondre, car lui non plus ne comprend pas plusieurs choses dans mon dossier. Il a dit être spécialement intrigué des "relations interpersonnelles instables", car il ne voyait pas du tout en quoi cela me correspondait. Il a aussi dit que monsieur K avait peut être inféré, de part ma relation avec mon ex, que je l'avais sûrement idéalisé, même si je n'ai jamais rien dit en suivi qui allait dans ce sens (une supposition un peu rapide, soit dit en passant!). Il a enfin précisé que mon suivi aux urgences pouvait réellement s'apparenter à mon viol (comme un deuxième viol), car, encore une fois, on ne me reconnais absolument pas comme victime, mais uniquement comme "malade" ou "folle", et c'est bien la relation que j'avais avec mon ex. J'étais folle et coupable de tout, et lui, il pouvait me violer, m'insulter et me menacer de mort, sans autre (je rappelle que le viol a eu lieu lorsque nous étions séparés).
Donc voilà, c'est sûr que je n'ai pas envie d'être identifié à vie comme une victime, c'est pas ce que je dis, j'aimerais simplement qu'on reconnaisse que se faire violer c'est pas normal... parce que j'en viens à me poser des questions à ce sujet... peut-être qu'on peut se faire violer et que, pour finir, c'est rien! Je suis en gros là pour ça, si j'ai bien compris. Pour qu'on soit violent avec moi, qu'on me détruise, me viole, m'insulte, me menace, et que personne ne me prenne au sérieux quand j'arrive enfin à raconter tout ça... Et je ne sais pas, ça ne me donne pas une très bonne image du genre humain, bien que j'essaie de ne pas généraliser.
Bon le psy qui me suit actuellement a réussi à remettre une étiquette sur moi maintenant j'ai un syndrome de "stress post traumatique". Alors je veux bien le croire, mais j'en ai ras le bol, quand vont ils se rendre compte que je SUIS là, devant eux, physique, vivante, entière... je ne SUIS pas une liste, je ne suis pas un livre de diagnostic. J'ai envie d'exister en dehors de tout ça, et pourtant tout ça m'engouffre, toujours plus. Je souffre probablement de stress post traumatique, c'est une chose qui me semble plausible, et je sais qu'il dit ça pour me rassurer et me montrer que mes problèmes viennent de la situation de "torture psychologique" que j'ai vécu et non pas de ma personnalité en tant que telle (contrairement à ce que les autres disaient). Mais je n'en peux plus... je n'en peux plus d'être catégorisée... même si c'est fait avec toutes les bonnes intentions du monde. C'est fatiguant. Lui n'en peut rien, le pauvre, c'est un énervement d'ordre général...
Enfin... Stress post traumatique ça va, j'arrive à l'accepter, comparer aux autres aberrations qui ont été énoncées à mon sujet je me reconnais dans les symptômes, c'est déjà pas mal.
Réécrire à monsieur K... quelle bonne idée... mais je sens que j'arrive au bout de mes ressources, gentiment... au bout de la bataille, au bout de ce que je suis d'accord de donner. Je vais essayer de suivre son conseil et de continuer à me battre... encore... mais vraiment, j'en ai marre!
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ma-lice



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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Ven 20 Nov 2009 - 18:29

Je vous fait juste ma théorie personnelle sur la médication (qui a bien fait rire mon psy aujourd'hui d'ailleurs) :
"nous avons observé une légère amélioration des symptômes après médication" Voilà ce qu'a marqué Monsieur K.
Alors alors, voilà ce que j'en disais à l'époque dans mon livre (chapitre qui s'intitule "l'euphorie du psychiatre") :

"« Oui, j’ai atteint les limites du raisonnable, oui j’accepte le traitement. » Sa patiente qui devient conciliante, c’est une très bonne nouvelle pour monsieur K qui ne savait plus où donner de la tête avec ces refus constants. Je lisais la joie dans ses yeux, peut-être l’ais-je inventée, mais c’est, dans tous les cas, ce que j’ai profondément ressenti. J’avais l’impression qu’il allait crier « GENIAL ! ». Il s’est redressé, ses petits yeux se sont ouverts, il a sourit. Pas le sourire habituel qui s’accompagnait d’un bonjour et d’une poignée de main molle, non, le vrai sourire, celui qui illumine un visage. Il était presque beau, en haut de toute sa fierté retrouvée. Toute cette déception et ce malaise qu’il avait eu ces dernières séances avaient totalement disparut. Je l’imaginais, danser autour de la table en hurlant un chant de victoire, comme dans ces vieux westerns où les indiens tournent autour du feu en hululant de joie.
Cette image amusante n’enleva en rien le dépit de mon âme. J’abandonnais mes plus profondes convictions pour tenter le tout pour le tout ; essayer de me sortir de là. C’était difficile, pesant et son bonheur me rendit mélancolique. Je soupirais, regardant dans le vide, ressentant cette tension autour de moi, autour de ma toute nouvelle décision.
Et paf, une prescription, et paf une seconde… anxiolytique, antidépresseurs, tout ira mieux, on me le promet. Mais qu’est ce qu’ « on » en sait ?"
(...)
"Son attitude positive a quand même gagné notre relation thérapeutique de manière notable.
Je lui laissais la liberté d’exercer son métier comme à son habitude, il était donc plus ouvert et sa froideur finit par grandement s’atténuer, jusqu’à pratiquement disparaître. J’étais en fin « raisonnable », car il est raisonnable, quand on est « malade », de reconnaître qu’on est « malade », et d’accepter de facto de se soigner"


Voilà donc ce que j'en déduis : il y a estimé qu'il y avait une amélioration après la médication car.... IL se sentait mieux! Smile pas moi, lui! Donc, il était plus détendu, plus souriant, globalement mieux dans sa peau, car, enfin, il avait LA solution pour moi (et c'est toujours agréable d'avoir la solution). Donc les médicaments, donnés à ma-lice, ont eu un effet spectaculaire sur... le thérapeute! Smile Fallait bien que ça marche sur quelqu'un! ^^
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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Dim 22 Nov 2009 - 20:02

lol! C'est vrai que la médication est rassurante pour les psychiatres dans le sens où ils sont certains que durant toute la durée du traitement le patient ira mieux ou du moins qu'il sera tellement drogué qu'il ne sera pas capable de discriminer ses états d'âme.

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MessageSujet: Re: Poème à Monsieur K   Dim 22 Nov 2009 - 20:34

Oui, mon histoire de médication n'est pas un exemple de réussite, c'est le moins qu'on puisse en dire!
On commence par un antidépresseur et un anxiolytique. L'antidépresseur ne fonctionne pas comme prévu, on augmente la dose jusqu'à passer à la dose maximale. Là, il a de l'effet, mais pas sur mon humeur... il a de l'effet sur mon sommeil et sur mes crises de paniques : augmentation de l'intensité et de la fréquence des crises (effet secondaire redouté) et insomnies en début de soirée, alors qu'avant j'avais des insomnies qu'en début de matinée. Donc ni une ni deux, on augmente l'anxiolytique jusqu'à passer à une dose assez choquante de 2.5 milligrammes de temesta trois fois par jour (pour donner un ordre de grandeur normalement on prescrit 1 milligramme une fois par jour) et on couple tout ça d'un neuroleptique qui doit m'aider à dormir. Mes crises de paniques continuent de plus belle, on diminue l'antidépresseur pour arriver à la dose de départ. du coup, pour sûr je dormais la nuit avec ce neuroleptique, mais j'avais des pertes de mémoire et de la difficulté à me concentrer (effet secondaire redouté, encore une fois, comme quoi je les ai tous fait).
J'arrête tout. Premier constat, ma mémoire revient, pas mal non? Ma concentration aussi! Donc je peux mieux travailler, donc je me sens mieux, donc je panique moins, donc je peux mieux travailler, donc je me sens mieux (je vous laisse continuer).
Bilan de monsieur K ? "nous avons observé une amélioration après médication", non mais il se paie la tête de qui? Etre persuadé que ça marche c'est une chose, peut-être que cela marche des fois, peut être que cela marche souvent. De là à mentir sciemment, c'est quand même grave.
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Poème à Monsieur K

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