J'écris ce message sans doute trop tardivement que pour recevoir des avis mais demain matin, lors de la séance avec la psychiatre/psychothérapeute (aucun médoc prescrit mais les deux disciplines me semblent indissociables) je compte lui dire que l'on va en rester là.
J'essaie de chercher en moi si c'est ma peur d'aller au fond de moi qui me donnerait une envie de fuite ou si ma "stagnation" ne peut se débloquer qu'avec le temps.
Cela fait bien des années que je m'auto-analyse, j'ai compris des tas de choses et autrui m'a appris énormément également, et bien entendu je continuerai d'apprendre.
J'ai bien peur d'avoir dans la tête des souvenirs qui sont inapaisables par la parole. Je ne pense pas que je ressens de la culpabilité mais j'ai vu et subi trop d'images qui traumatisent. Enfant, je me forçais à subir et voir parce que je pensais que j'étais très forte... et que je pouvais aider, apaiser la souffrance. Pas mal de violence qui laisse des traces et me laisse une bien faible estime de la bonté que porte l'humain. Bien que beaucoup ont de bonnes intentions, quand on regarde plus loin on voit des choses pas très belles ... A côté de cela, il y a un deuil que je n'ai jamais pu faire, celui de la mère que j'ai eue avant mes 7 ans. Je me sens orpheline depuis cet âge, entre un géniteur qui est parti et pour qui seul l'argent a compté et cette génitrice totalement dévastée par le départ de son mari, une déchéance qui a duré 13 années et qui, j'espère, existe peu dans ce bas monde.
Je construis un avenir solide, de longues études pour nourrir en moi le sentiment de poser de bonnes actions et témoigner une reconnaissance aux animaux qui, je crois, ont maintenu une fibre affective en moi, je crois même que je leur dois ma vie.
Et donc voilà, je continue de m'analyser, j'essaie de trouver un psy qui arriverait à me suivre et qui aurait des clés, des angles de vue que je ne perçois pas. Je continuerai à chercher à triompher de ce passé jusqu'à l'âge de 40 ans, j'ai de la marge. Je crois surtout que mon avenir ne peut être que meilleur, il suffirait que je supprime certains souvenirs et ça devrait me faire aimer et croire en ma vie (je crois en LA vie... celle qui est préservée du mal qui se passe derrière les portes closes).
Cela doit faire 7 fois que je vois cette psy et j'en ressors plus énervée que jamais, étant "obligée", à l'abri des regards, de frapper ma tête contre le mur pour dériver mes pensées, ces pensées où je me heurte à un mur psychique, le psychisme est bien plus difficile à contrôler et à soigner que le physique. Je vois bien qu'elle n'arrive pas à me suivre mais est-ce qu'un humain qui n'a pas traversé une expérience similaire peut y parvenir?