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| | Comment fait-on le deuil lorsqu'il n'y a pas eu mort physique? | |
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| Auteur | Message |
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Ariane
Messages: 944 Date d'inscription: 26/07/2010
 | Sujet: Re: Comment fait-on le deuil lorsqu'il n'y a pas eu mort physique? Sam 23 Oct 2010 - 22:17 | |
| Bonsoir My_illusion, | Citation: | | Je sens bien que cette personne pense que ce n'est pas bon pour moi. ... Elle pense que je dois "grandir", elle me demande de lui choisir un surnom autre que "maman". ...qu'aujourd'hui je dois évoluer. |
Ton ex maman virtuelle ne voit effectivement pas que ton besoin n'est pas de grandir, surtout pas, tu l'as déjà fait et bien trop tôt car tu n'avais pas d'autre alternative. Dommage elle aura déjà joué un rôle important pour toi, mais elle n'est plus en mesure de le tenir. Ne le regrette pas, elle t'a donnée ce qu'elle a pu à un moment où tu as pu le recevoir c'est déjà beaucoup.
| Citation: | | Mince alors, pourquoi faut-il que ça change? Pourquoi les gens changent? |
Parce que le monde autour d'eux change, parce que le changement est le propre de la vie. Pourquoi naissons nous et pourquoi mourons nous? C'est notre nature profonde. Et cette évolution ne va pas contre toi, bien au contraire elle est là pour toi, pour que tu tournes ton regard ailleurs, pour que tu vives autrechose, pour changer tes pensées, tes réactions, tes émotions. Alors je t'en prie, accueille le changement avec bienveillance, vois ce qu'il peut t'apporter de bon, de nouveau. Aujourd'hui cette femme veut être ton amie, peut être ne se sent-elle plus apte à être ta maman, peut être a-t-elle des soucis avec les siens, peut-être est-elle malade, etc... Peut-être a-t-elle besoin de t'avoir comme amie. Peut-être se sent elle dépassée par toi.
| Citation: | | Les gens doivent vraiment se tenir à distance de moi, il ne faut pas essayer de réveiller l'affectif en moi, ça ne conduit qu'à des dommages. Comme on dit, il vaut mieux laisser les démons dormir | C'est comme cela que tu consoles la petite fille en toi! Allons My_illusion, je n'en crois pas mes yeux. Je ne sais si je dois relire encore une fois. Tu agis comme ta maman, après une blessure affective et d'amour propre, tu condamnes l'enfant à la solitude éternelle, au manque d'amour définitif. Et pourtant ce n'est pas ta nature profonde, tu le sais bien. Stop à la perfection, si cette maman virtuelle a lâché son rôle virtuel, ne te lâches pas toi aussi, ce serait de l'autodestruction, la négation de l'amour que tu portes en toi et pour toi.
Ta maman, qui t'aime. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Comment fait-on le deuil lorsqu'il n'y a pas eu mort physique? Dim 24 Oct 2010 - 2:35 | |
| Tu es bien aimable envers moi Ariane !
Et tu as bien raison sur toute la ligne !
Si longtemps j'ai cru que peut-être je n'étais pas assez adulte, je sais à présent que ça n'a rien à voir. Quand je vois les adultes qui m'entourent, leur fragilité affective est bien plus importante que la mienne, elle est seulement dirigée différemment.
Sa vie a pris un autre tournant, entreprendre des études de psychologie à 55 ans, il faut le faire! Elle est diplômée depuis un an, la vie change du coup! Et puis sa famille à elle grandit, les petits enfants s'accumulent :-) Ses 3 enfants ont chacun des soucis donc elle a de quoi s'occuper cela est certain. Tout cela je le comprends fort bien. Quand on a un trop grand coeur, on fait des erreurs en accueillant trop de poussins dans sa portée lol.
Je lui souhaite tout le bonheur du monde, à moi d'accepter le changement parce que comme tu le dis si bien, le changement est propre à la vie. C'est bien paradoxal que dans ma vie je me lasse très vite des mêmes activités, il faut que je découvre de nouveaux lieux, manger des choses différentes, apprenne, ... Par contre, je n'ai pas besoin de m'entourer de beaucoup de monde, j'ai même horreur de ça car la superficialité prend alors vite le dessus. Je préfère des liens solides qui ne changent pas... Le changement est propre à la vie. Et comme tu essaies de me faire comprendre, ce n'est pas une mauvaise chose... au contraire (la plupart du temps)!
Consoler la petite fille en moi? Je n'arrive toujours pas à l'apprivoiser, ça met un temps fou! Je comprends bien que la condamner au silence n'est pas la bonne solution, et au final mieux vaut souffrir que mourir par paralysie indolore... coincé dans un corps qui ne peut plus bouger c'est pas une vie non plus ça. Souffrir ne devrait pas être craint, c'est ce qui apporte à la vie toute son importance, toute sa conscience du temps qui passe, la mortalité... Un tour de piste nous faisons, un seul.
Il y a eu d'autres mamans dans mon "coeur" (je ne parviens même pas à parler de mon coeur comme organe à émotions, c'est avant tout un organe pompe à sang...) et ça s'est toujours terminé. Pas toujours mal mais ça n'a jamais pu tenir. Il y a une cette dame pendant deux ans qui a osé me dire "je t'aime", "tu es importante pour moi" "je serai toujours là pour toi" Des paroles tellement importantes oui. Mais au final qui n'avaient pas ou peu de sens. Les gens ne prêtent pas la même signification que moi au verbe aimer. C'est censé être pour la vie (ou presque) il faut connaître le fond d'une personne avec ses qualités et défauts que pour réellement aimer, sinon c'est juste un attachement, le temps de trouver mieux ou le temps d'avoir appris de cette personne, d'en avoir usé, que sais-je, quelque chose de jetable en somme. Aimer c'est quelque chose de pur, de profond, d'indéfectible, suis-je trop rêveuse en ressentant de cette façon? Souvent on croit que l'on aime, l'esprit en est convaincu... :-(
Il y a eu des rencontres très enrichissantes comme à mes 20 ans où j'ai rencontré la première personne qui m'a appris que j'étais un être que l'on pouvait apprécier sans en retirer quelque chose ! Elle m'a appris que je pouvais m'individualiser, ressentir égoïstement, que j'avais une place. Il s'agit d'une assistante sociale et psychothérapeute, engagée par l'unif pour son role d'AS, à l'époque nous avions de gros soucis financiers donc j'avais été la voir pour pouvoir continuer mes études en biologie... Elle semblait si touchée par mon histoire, je ne comprenais pas pourquoi. Son côté psy a pris le dessus, elle a demandé à sa chef si elle pouvait m'accompagner chez un psychologue, elle me disait "je ne vous lâcherai pas tant que vous n'entreprendrez pas une thérapie" Elle ajoutait que cela n'avait rien à voir avec le fait qu'elle pensait que j'étais folle mais elle disait que mon histoire devait s'exprimer plus en profondeur car c'était trop lourd à porter. Je savais que je devais consulter mais une part de moi le refusait, pas l'égo non du tout, juste que je réservais la thérapie comme dernière arme avant de croire que seule la mort me délivrerait.
J'ai croisé des gens très humains, du moins avec moi... je les ai sondés et je n'ai vu aucune faille! Merci!! Ca remplit ma boîte de beaux souvenirs, de belles émotions.
Pourquoi écris-tu "ta maman qui t'aime"? Ne pense pas qu'il faille me rassurer, il ne le faut pas.
Quand maman a sombré, je lui écrivais mille mots et faisais des tas de dessins... J'écrivais toujours "pour la meilleure des mamans au monde" et "ta fille qui t'aime" Pauvre gosse va ! Je découpais des coeurs dans les paquets de chips... et dire que je me souviens de ça! J'aurais préféré n'avoir jamais fait cela car ça me rappelle que cette petite fille en a réellement souffert. Je n'aime pas me souvenir de tout ça, je n'aime pas savoir qu'un enfant aie pu souffrir car le mal se fait à la racine.
Mon petit neveu a près de 9 mois, il grandit si vite, un petit garçon plein de vie, tout sourire, que c'est apaisant de voir que la vie nait avec le sourire! J'essaie de prendre bien soin de lui, j'espère que j'y parviendrai pendant longtemps, j'espère que jamais je ne serai dure avec lui comme j'ai pu et le suis avec moi-même. Je pense que c'est à travers d'autres enfants que je peux me soigner... je veux dire que si j'arrive à leur donner le sourire alors je gagne sur ma propre enfance. J'ai accompagnée ma petite voisine de ses 5 ans jusqu'à ses 20 ans actuellement et l'affection qu'elle me porte est pure, ça fait très plaisir !! Je suis contente de voir qu'elle est heureuse dans sa vie.
Je t'envoie de douces pensées à travers tes rêves :-) J'espère que le couscous était bon héhé ;-) profite de tout cet amour que tu peux partager avec tes deux filles, ce sont des moments magiques :-)
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|  | | Ariane
Messages: 944 Date d'inscription: 26/07/2010
 | Sujet: Re: Comment fait-on le deuil lorsqu'il n'y a pas eu mort physique? Jeu 28 Oct 2010 - 12:44 | |
| | Citation: | | Quand maman a sombré, je lui écrivais mille mots et faisais des tas de dessins... J'écrivais toujours "pour la meilleure des mamans au monde" et "ta fille qui t'aime" |
Création et expression de l'amour inconditionnel chez l'enfant.
| Citation: | Pauvre gosse va ! |
Condamnation une fois adulte de la spontanéité de l'enfant ou simple Constatation négative entraînant désillusion et déception, tristesse, amertume.
| Citation: | Je découpais des coeurs dans les paquets de chips... et dire que je me souviens de ça! |
Pure création de l'enfant pour exprimer son amour, pour transformer et modeler son monde.
| Citation: | J'aurais préféré n'avoir jamais fait cela car ça me rappelle que cette petite fille en a réellement souffert. |
Réponse négative, condamnation de l'action de l'enfant. Avec une justification rationnelle donc qui se veut logique, rigoureuse, sensée, de cette condamnation d'un acte purement gratuit et beau, spontané et naturel.
| Citation: | Je n'aime pas me souvenir de tout ça, je n'aime pas savoir qu'un enfant aie pu souffrir car le mal se fait à la racine.
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Nouvelle justification de l'adulte, ici du rejet de la mémoire, du rejet de l'enfance.
Tu n'aimes donc pas si je comprends bien te souvenir des moments où cette fillette écrivait mille mots et faisait des tas de dessins... ..."pour la meilleure des mamans au monde" et "ta fille qui t'aime" ... découpait des coeurs dans les paquets de chips...Sais-tu pourtant qu'à ces moments là, elle était vraiment elle-même ? elle montrait son coeur, elle donnait sans retenue, elle avait confiance en l'avenir, elle était ouverte, elle offrait le meilleur d'elle même.
Pourrais-tu te dire au contraire, pour oublier la pitié (du "pauvre gosse") et la tristesse (du "cette petite en a rééllement souffert") _ Merci à la vie de me permettre de me souvenir de cette merveilleuse enfant. Je ne veux pas oublier que j'étais, une perle, un cadeau de la nature, une offrande à l'amour, une petite tout simplement formidable.
En face ta maman n'a pas su ni pu recevoir cette fillette, mais toi tu peux le faire et retrouver la joie d'avoir un jour été cela.
Ne sois pas le bourreau de toi-même, il y a tant d'autres rôles à tenir dans notre vie.
Tendrement.
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|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Comment fait-on le deuil lorsqu'il n'y a pas eu mort physique? Jeu 28 Oct 2010 - 20:01 | |
| Excellente analyse ! Je ne me rends pas compte à quel point j'empêche cet enfant de s'exprimer! Mais avec tes mots ça me vient de façon beaucoup plus claire! Je pensais avant que je le faisais taire parce qu'on ne peut pas rejouer la scène de l'enfance mais au fond je le condamne bien plus sévèrement, je me moque de lui, de ses manifestations affectives. Affectueusement  |
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