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 J'ai une personnalité évitante

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Date d'inscription: 26/10/2010

MessageSujet: J'ai une personnalité évitante   Mar 26 Oct 2010 - 22:42

Bien le bonjour

Je suis étudiant de 21 ans. En lisant ces lignes, je vais plus vous inspirer de la pitié que de la sympathie mais bon si j'écris tout ça c'est parce que mon problème éclate, y'a trop de souffrance derrière donc ça déborde.

Si j'en parle pas à ma famille, c'est parce que je mets un point d'honneur à pas décevoir ma famille, qui du reste m'aidera difficilement.
Si j'en parle pas à mes amis, c'est parce que j'en n'ai pas. Mes "potes" (on les compte sur les doigts d'une main) ne sont pas dignes de confiance pour que je leur déballe tout ce qui va suivre, j'ai mes raisons.
Jamais eu de copine, vous allez comprendre pourquoi.

Comme le titre l'indique, je suis atteint d'un trouble de la personnalité évitante. Bon j'ai également un trouble de la personnalité borderline, personnalité dépressive et bien évidemment je fais une dépression. J'ai jamais vu de psy (trop cher pour un résultat aléatoire, peur de déballer ma vie de vive voix à un inconnu), c'est à force de lire des articles que j'ai pu identifier mon problème (non, mes problèmes), ce qui est en soi un progrès, mais bref ce qui me bouffe la vie par dessus tout c'est la personnalité évitante.
Mon estime de moi, ma confiance en moi ont été progressivement détruites, fruit d'un travail de plusieurs années.

Je suis devenu associable, excessivement timide et réservé, antipathique au possible. Logique que je vive et reste seul. Notez que c'est excessivement handicapant car je me destine à une carrière d'ingénieur où le social et l'initiative sont primordiales.

J'ai fait une introspection bien sûr. Mes problèmes ont une origine. Est-ce que cette origine explique tout, j'en sais rien, mais sûrement pas mal de chose, la part du déterminisme social est importante. Je vous raconte.

Arrivé en sixième au collège, j'hésitais pas à faire ou dire des conneries pour faire marrer les autres, dans la continuité du primaire. J'étais plutôt bon élève (toujours dans les 3 premiers). J'étais bon en sport. J'avais confiance en moi. A priori mon existence devait être normale.
Tout cela s'est renversé.

Le truc c'est que mon comportement au collège devait être un peu autistique ou gamin sur les bords, et je me suis fait rapidement marginalisé, les moqueries ont commencé. Peu d'amis déjà à l'époque. Et il y a mon physique. De la cinquième à la terminale, je me prenais des réflexions du genre "t'es moche" lancées plus ou moins finement selon les personnes et leur âge, des moqueries et humiliations en tout genre. De la quatrième à la terminale, j'ai fréquenté des jeunes (toujours les mêmes) où ma relation à eux était malsaine : faite d'irrespect et de soumission. Ils se foutaient de moi plusieurs fois par jour, mon comportement anormal n'aidant pas. Trop faible pour les envoyer bouler, peur de me retrouver seul. Le truc c'est que c'était un cercle vicieux, parce qu'on se foutait de ma gueule, et ensuite on me reprochait de pas parler, de jamais rien dire, de pas avoir d'ami. Mais d'où j'aurais envie de parler si on se comporte comme un connard avec moi?
Dès la quatrième, j'ai arrêté de parler, ou peu. Ma confiance commençait déjà à être bien entamée.

A noter qu'il m'est arrivé de me battre pendant le primaire, le collège et le lycée.

Toutes les qualités sociales, comme l'humour, la sympathie ou le sens de la conversation, j'ai pas pu les développer. Je suis pas plus con qu'un autre, loin de là, mais le reste je l'ai pas.

Quand je suis entré dans l'enseignement supérieur, le foutage de gueule a plus ou moins cessé mais avec l'inertie mon comportement s'en est trouvé changé dans le mauvais sens du terme.
Je fuis souvent, je reste associable, timide, antipathique.

Dans ma résidence quand il y a un groupe de personnes, je dis pas bonjour. J'ai peur de dire bonjour, du quand dira t-on. A ce point. Je passe peut-être pour un connard associable, mais allez expliquer aux gens que j'ai un trouble psychologique difficilement réversible. J'ai peur de demander un mouchoir à un inconnu dans la rue.

Quand je parle à quelqu'un que je connais pas, la conversation tourne court, le blanc se fait sentir en moi, j'attends ses questions. Pas une once de sympathie dans ma façon de m'exprimer ou ma voix. Quand on sait que 7% de degré de sympathie provient du fond et le reste de la forme, difficile de nouer relation avec autrui à ma place.

Quand il y a une soirée (et je vais pas souvent en soirée d'ailleurs, malgré les multiples occasions que la vie étudiante peut offrir), je suis obligé d'enchainer verre sur verre pour me déshiniber et aller parler aux gens, et ça marche pas tout le temps.

Je suis passé à côté de ma jeunesse, ça me fait plutôt mal. Bien sûr que je suis pas heureux.

Mon complexe vis à vis de mon physique commence à disparaître, mon expérience fait que désormais je ne pense plus être "laid", même plutôt mignon. Mais les vieux réflexes, les mauvaises habitudes sont toujours ancrées en moi.

Ça me pénalise vraiment dans la vie. Exemple.

La dernière soirée où je suis allé, j'ai "craqué" devant une fille (dans le sens où je lui ai parlé vite fait de mon problème, première fois que je fais ça, la deuxième c'est sur ce forum), mes nerfs ont laché, je lui ai dit que j'étais pas dans la norme blabla, elle a essayé de me remonter le moral comme elle a pu (qu'est-ce que la norme? t'es mignon, t'as toute la vie devant toi, assume-toi etc) pour finalement se demander si je me foutais pas d'elle. Là je me suis énervé parce qu'elle me comprenait pas et elle a fini par m'abandonner.
Elle s'est excusée le lendemain et m'a dit que je pouvais l'appeler si je voulais.

Seulement mon trouble fait que j'ai peur de l'appeler. J'ai peur de l'effet du son de ma voix au téléphone. Peur de la déranger. Peur qu'elle me jette encore. De toute façon je pense pas qu'elle pourra me soigner de mon problème, même si le fait de lui parler me fait me sentir mieux.

Voilà, c'était mon principal problème. J'en ai d'autres à côté, tels que narcissisme, absence de motivation, contrôle difficile de mes pulsions...

J'ai besoin d'aide svp.
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Clair de lune
Admin


Messages: 3554
Date d'inscription: 11/06/2010
Age: 54

MessageSujet: Re: J'ai une personnalité évitante   Mar 26 Oct 2010 - 23:08

Bonjour

Citation:
Seulement mon trouble fait que j'ai peur de l'appeler. J'ai peur de l'effet du son de ma voix au téléphone. Peur de la déranger. Peur qu'elle me jette encore. De toute façon je pense pas qu'elle pourra me soigner de mon problème, même si le fait de lui parler me fait me sentir mieux.


Que de peurs dans une même phrase ! Oui, bonne question, qu'est-ce que la norme ? Tu as tellement dressé un tableau négatif et angoissant, peut-être trop, qu'elle s'est mise à douter de ce que tu voulais lui expliquer mais, elle t'a écouté, elle t'a redonné un peu de confiance en toi, est restée à ton écoute et elle te propose que tu la rappelles si tu en ressens le besoin voire le désir. Pourquoi refuser son aide puisqu'elle te la propose gentillement et avec sincérité apparemment ?

Tu as l'occasion de parler avec quelqu'un qui se préoccupe de toi et qui ne te prend pour un imbécile et tu la rejettes en ayant peur, paradoxalement, qu'elle te rejette.

Je n'ai pas l'impression que tu sois narcissique car tu n'aurais pas tout à fait ce genre de réactions. Comment pourrais-tu décrire ton narcissisme ?

Es-tu certain que ce que tu décris est réellement ton problème principal ? Il n'est que le sommet de la montagne, mais avant de pouvoir le gravir, faudrait-il partir du bas et, pour se faire, aller à la rencontre de l'enfant que tu étais...en général bien des émotions, des frustrations, des angoisses partent de cette période de vie.

Clair de lune

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Probleme



Messages: 4
Date d'inscription: 26/10/2010

MessageSujet: Re: J'ai une personnalité évitante   Mer 27 Oct 2010 - 14:36

Citation:
Pourquoi refuser son aide puisqu'elle te la propose gentillement et avec sincérité apparemment ?


J'ai en fait surtout peur qu'elle me connaisse vraiment et réalise à quel point je suis un déchet. Je vais très certainement lui susciter du dégoût. Je sais qu'elle pourra pas me soigner. Elle va très certainement me rediriger vers une autre aide, me jeter encore car elle a sa vie, n'a pas de temps à perdre avec moi. Si encore j'étais sympa,je pourrais me permettre de lui reparler.



Concernant mon narcissisme, c'est parce que je suis mon principal sujet de préoccupation. Dès que je pense, ça parle souvent de moi.
Je pars souvent en rêverie où je vis des situations que j'aimerais vivre. Après je m'aperçois que la réalité diffère du rêve et ça me déçoit.
Je me suis bâti un idéal de perfection très exigeant qu'il m'est impossible d'atteindre car je rêve sans jamais agir.
Pendant plusieurs années, je passais mon temps à me regarder devant un miroir dès qu'il y en avait un. Ce dernier point commence à s'estomper.



Je pense que ce que j'ai décrit dans mon premier message est mon principal problème. Concernant mon enfance, elle était à priori normale, j'étais vraiment épanoui, mais ce qui différait des autres, c'est qu'il m'arrivait de me battre pas mal de fois. J'étais impulsif, je tolérais mal l'injustice envers moi.
Je crois que ce qui explique le plus mes soucis actuels est la période collège-lycée que j'ai décrite.
De toute façon la psychanalyse pour me soigner j'y crois pas trop. Mes problèmes de maintenant ne vont pas se soigner avec mon passé.
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lefaurus



Messages: 1
Date d'inscription: 12/09/2011

MessageSujet: Re: J'ai une personnalité évitante   Lun 12 Sep 2011 - 1:20

Bonjour Problème!

Je suis une personnalité évitante et ton message m'a touché. J'ai aimé la manière dont tu t'es exprimé pour dire ce que tu ressens. Tu as fais une grande introspection de toi même et de ta maladie ça se sent. Mais en même temps on se pose tellement de questions. En tout cas tu t'es bien exprimé. Je voulais t'apporter mon témoignage parce que j'ai moi aussi subit moqueries et rejets étant tout gamin. Je me souviens qu'un jour un professeur s'était moqué de moi et avait demandé aux élèves de ma classe d'enlever mon short. Ils ont tous couru vers moi et se sont exécutés. Je pense que ces évènements de mon enfance m'ont profondément marqué et ont grandement participé au mal être que je ressens aujourd'hui. Mais je ne me considère pas comme une personnalité borderline. Les moments où je déprime le plus sont souvent après les soirées. Parce que j'ai passé la soirée dans un coin, isolé, à trouver de petites occasions pour dire quelques mots histoire que personne ne se foute de moi. C'est dans ces moments là que je me fais l'analyse de la soirée et de mon handicap, je ressasse inlassablement ma faiblesse dans la tête, je m'en veux, je me sens impuissant et je rêve d'une autre vie. Combien de fois me suis je dis... aaah si j'avais été quelqu'un d'autre. Le contact avec les autres me fait peur mais au fond je ne désire que ça. Avoir des amis, une vie équilibrée. Partir au boulot sans avoir mal au ventre.
Moi aussi j'aimerais m'éclater en soirée et me soucier de rien comme je l'observe chez les autres. Je ne fais rien sans y avoir réfléchi. J'essaie d'anticiper tout ce qu'il se passe autour de moi pour savoir comment je vais réagir. C'est automatique. J'ai ri quand tu as écris : J'ai craqué! Ca m'est arrivé aussi. Et le pire c'est qu'on le fait uniquement parce qu'on s'est retrouvé dans une situation pénible à laquelle on n'avait aucun moyen d'en sortir. Je pense que c'est bien d'en parlé, il ne faut pas hésiter. Et si la personne en face de toi ne comprends pas, tant pis. On est pas parfait comme tout un chacun. On ne sait pas surenchérir dans une conversation et quand on ose dire deux mots les autres ne perçoivent pas l'enthousiasme qu'ils ont l'habitude d'entendre. J'arrive pas à jouer un rôle, à faire semblant d'être intéressé et ravi d'avoir cette conversation. Je me sens débile et inintéressant. L'autre s'empresse de partir en douce parce que le silence fait peur à tout le monde. Je me dis souvent que si j'étais plus cultivé j'aurais plus d'armes pour partager une conversation avec quelqu'un. Cette maladie est tellement mal comprise. Après avoir confié mon diagnostic à mes parents, mon père pense toujours qu'il s'agit de mon imagination. J'ai des gens de mon entourage qui me disent qu'ils ressentent la même chose alors qu'il ne s'agit que de leur timidité. Mais je les comprends... c'est difficile de se mettre à notre place.

Je travaille dans un théâtre en tant que technicien de spectacle et j'ai beaucoup évolué depuis que je suis là bas. J'ai la chance d'avoir un directeur technique qui est super humainement parlant. Il sait que je suis une PE et fait en sorte de me pousser vers le haut. Au début c'était très désagréable de se retrouver dans des situations pénibles parce qu'il l'avait décidé. Mais en fait cela m'a été extrêmement profitable car j'ai surmonté chaque situation qu'il m'a imposée et après chaque réussite je me suis senti capable. J'ai pris confiance en moi. En tout cas dans mon travail.

Désormais j'affronte toute situation pénible comme un entrainement. Les gens sont l'objet de mon entrainement, ce sont des expériences. Penser comme cela m'aide à dédramatiser la situation.

Pour ce qui est de la fille dont tu parlais... il est un peu tard aujourd'hui mais n'hésite pas.

Moi aussi la psychanalyse j'y crois pas. Si il existe une solution pour cette maladie, elle ne peut venir que de nous.

Je cherche à me faire des amis qui comme moi ont ce trouble. Plusieurs isolés mis ensemble et il n'y a plus d'isolés.

Je te souhaite bonne chance et que du bien!!!

P.S: Tu peux me contacter si tu le souhaites.

Simon
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