Suite à une demande d'une amie, j'ai trouvé cette étude sur la différence entre "amour-propre" et "estime de soi".
Certain(e)s pourront mieux comprendre les actes néfastes de personnes de leur entourage qu'ils ou elles ont pu subir.
L'amour-propre se définit comme le sentiment de sa propre valeur ou de sa dignitié. Il se transforme rapidement en un attachement presque exclusif à sa propre personne, à sa conservation et à son développement. Ainsi, il exprime l'appréciation subjective, plutôt positive, qu'une personne porte sur elle-même, afin d'assurer sa conservation, qui peut dégénérer en agressivité, en hostilité.
L'amour de soi est une vertu ; l'amour-propre, qui en est le débordement, est un vice assez pernicieux. Il révèle qu'on porte une trop grande attention à son petit moi et qu'on craint constamment qu'il soit blessé, atteint dans sa dignité, qu'on lui manque de respect, qu'on le critique, qu'on le déprécie.
L'amour-propre conduit facilement à la susceptibilité qui porte à vexer ou à se formaliser à la moindre remarque ou à la moindre contradiction. Il étouffe et tue l'amour, formant mieux l'esprit à ses droits qu'à ses devoirs, plaçant le bien individuel au-dessus du bien collectif.
Mieux que tout autre atteinte, la blessure d'amour-propre révèle le degré de vanité et d'orgeuil d'un être. Il se rend malheureux en ressassant ses souvenirs douloureux, ne cherchant qu'à entrer en campagne pour démolir l'autre qu'il perçoit comme un ennemi ou un rival. Il ne comprend rien au fait que son pire ennemi, c'est lui-même. Refusant de laisser passer quoi que ce soit, il conduit à s'isoler pour inventer des représailles.
En présence de celui qui l'a blessé, il jette à l'infâme un regard lourd, amer, assassin, lui lançant, s'il le peut, des propos injurieux. Il cherche une occasion propice, publique de préférence, pour le démolir, lui rendre ce qu'il croit la monnaie de sa pièce, et plus, s'il est possible. Pour ce vaniteux, l'autre est une personne à abattre, peu importe que ses réactions échappent à la commune mesure, à l'importance de la blessure subie. Il lui est toujours intolérable de voir un autre refuser de servir, de s'incliner ou s'affirmer mieux que lui-même.
En général, le vaniteux et le prétentieux se montrent plutôt arrogants et ils méprisent d'autant les autres qu'ils s'estiment eux-mêmes. A la vérité, celui qui exhibe son amour-propre manque d'équilibre, il a perdu sa confiance en lui. Au lieu d'examiner ses travers, il n'insiste que sur son droit d'être en colère et d'en tirer satisfaction.
Un petit conseil, si vous voulez obtenir quelque chose d'un vaniteux, flattez son amour-propre en évitant soigneusement qu'il s'en serve pour tenter de vous asservir ou de vous inférioriser. Car, ce qui étonne toujours chez celui qui est affligé de ce mal, c'est qu'il tient toujours moins compte de son propre jugement sur lui-même que de celui des autres.
2009 Bertrand Duhaime (Douraganandâ)