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| Auteur | Message |
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Eldariel

Messages: 52 Date d'inscription: 31/08/2009 Age: 24 Localisation: Centre
 | Sujet: Perdue, abandonnée... Mer 12 Jan 2011 - 17:47 | |
| Bonjour,
Je ne sais même pas par où commencer, c'est dingue, tellement de choses à dire et pourtant, j'ai l'impression que ce n'est rien et que ça n'en vaut pas la peine. Je suis mal dans ma peau, je ne trouve pas ma place dans ce monde et je me demande souvent s'il est le mien. J'ai pourtant des amis, une famille, libre et je ne manque de rien, pourtant, il y a quelque chose qui fait que ça ne va pas et ce, tout le temps. J'arrive à rire, à déconner et à m'amuser avec mes amis mais j'ai l'impression que ce n'est qu'un masque que je mets car après, mes idées noires reviennent. Je me mutile, c'est quotidien et quand je tente d'y résister, j'y pense sans cesse, des images, je regarde mon poignet en imaginant le sang couler et au bout d'un moment, je craque, je cède. Dans le fond, cela fait du bien, ça évacue beaucoup de chose même si je sais que ce n'est pas la solution.
J'essaye de me plonger dans mes passions mais ces derniers temps, je n'ai envie de rien. Heureusement que j'ai repris les cours, cela permet de sortir, de penser à autre chose, de s'occuper. J'aurai une question. Ai-ce égoïste d'être mal dans sa tête ? On me l'a reproché en disant que j'étais égoïste, que je n'avais pas à me plaindre de ma vie, que je n'avais pas le droit d'être ainsi malheureuse, de déprimer à tout bout de champ. Qu'il fallait savoir relativiser, qu'il y avait des gens qui vivent de plus grands malheurs...j'en ai culpabilisé et j'avais beau m'expliquer sur ma détresse, sur le pourquoi du comment je n'arrive pas à m'empêcher d'avoir une lame entre les mains...mais rien à faire. Sa fait mal d'entendre ça, de comprendre qu'on ne peut pas être écouter sans être juger. Je me sens terriblement seule depuis cela, ça date d'une semaine et c'est une amie qui m'a balancé ça en pleine tronche. Je n'arrive plus à me confier à ma meilleure amie alors qu'elle a toujours su comment agir avec moi. J'ai l'impression d'être abandonnée même si je m'éloigne volontairement pour éviter de souffrir à nouveaux de telles paroles.
Je ne savais pas trop à qui me confier, à qui parler alors je suis venue ici pour tenter d'expliquer un semblant de quelque chose. Je n'arrive pas à rassembler mes idées. C'est peut-être en vrac mais j'écris comme ça vient, juste besoin d'en parler et je sais qu'ici, je ne serai pas juger car on est tous (malheureusement) dans le même bateau et on se comprend. Je ne sais pas pourquoi j'ai un tel mal être, c'est vrai que rien de spécial ne peut l'expliquer. C'est gravé en moi, comme si ça faisait partie de moi. Je ne sais pas comment le dire mais souffrir intérieurement est devenu un trait de personnalité dominant, c'est effrayant. Je me fais peur moi-même. Je ne sais pas si j'ai dis ce que je voulais dire, j'ai un peu de mal à m'exprimer. Mon cerveau est en compote, j'arrive juste à me concentrer en cours car je m'y investit en me disant que j'arrive au moins à faire quelque chose de ma vie, mais même quand je conduis, je suis à l'ouest et parfois la seule envie que j'ai, c'est de sortir de la route.
Je ne sais pas si ça apportera quelque chose de sortir ce que j'avais sur le cœur mais je sais que j'avais besoin d'en parler, peut-être que ça évitera que je passe une nuit de plus à pleurer.
Merci à ceux/celles qui me liront. Eldariel. |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Mer 12 Jan 2011 - 20:03 | |
| J'ai lu mais je n'ai rien à répondre... J'espère que tu trouveras les raisons et que tu pourras agir dessus.
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|  | | Clair de lune Admin

Messages: 3559 Date d'inscription: 11/06/2010 Age: 54
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Mer 12 Jan 2011 - 20:54 | |
| Continue à t'exprimer afin de te soulager de cette oppression, nous continuons à te lire et en fonction de ce que tu écriras, nous pourrons t'apporter aide et conseils, tu n'es pas seule. Clair de lune  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Mer 12 Jan 2011 - 21:26 | |
| En te lisant, je retrouve une partie de moi-même : celle qui ne va pas toujours "bien". Moi aussi je m'interroge sur cette chose qui dérange toute ma vie... Finalement. Peut-être qu'il te manque quelque chose ? Que tu n'es pas satisfaite de quelque chose ? Il faut se contenter d'être bien avec ce que nous avons... Mais plus facile à dire qu'à faire, je suis bien d'accord. Mais essayer de se faire des petits bonheurs, rien que ça, ça peut soulager notre mal de vivre. Concernant les mutilations, se faire mal pour aller mieux n'est pas franchement la meilleure des solutions, je ne vais pas te faire la moral à ce sujet puisque j'ai vécu cela il y a quelques années maintenant, et on est toutes les deux dans une même galère bien que notre vie soit différente. Arrives-tu à repérer quand ce mal-être se prolonge, se diffuse en toi, dans ta tête et dans ton corps ? |
|  | | Eldariel

Messages: 52 Date d'inscription: 31/08/2009 Age: 24 Localisation: Centre
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Jeu 13 Jan 2011 - 9:05 | |
| Pourquoi se lever le matin ? Je me pose souvent la question. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai envie de rester au lit toute la journée, de ne jamais me lever, de ne pas me réveiller. S'endormir dans un sommeil éternel, c'est parfois un grand désir quand je me couche le soir. Cependant, j'arrive malgré tout à sortir du lit, par obligation (cours) ou autre, et une fois debout, j'essaye de me donner un air "bien" pour le restant de la journée.
Je ne sais pas s'il me manque quelque chose. J'ai raté mes études et j'ai fais une réorientation mais cela se passe plutôt bien cette année, j'ai envie d'avoir mon diplôme et je m'investis à fond dedans, cela me donne un but et je fonce, cependant, si jamais j'échoue, j'avoue que j'ignore ce que je ferai. Je le vivrai mal, très mal. Je me dis souvent que je suis bonne à rien, je n'ai pas de petit ami, je n'arrive pas à garder une relation stable, soit c'est lui qui s'en va soit c'est moi. Je ne m'en sens pas capable, certains m'ont laissé tombé pour ce que je fais, la mutilation fait fuir, sinon, ils se servent de moi, profitent de ma faiblesse. Mais je doute que ce soit vraiment ça, je pense même que je suis mieux célibataire en fin de compte.
Je sais que la mutilation ne résous rien mais...si, dans le sens où elle permet d'évacuer la souffrance, d'exprimer ce que je ressens au fond de moi. C'est devenu un moyen régulier, quotidien dans ma vie quand quelque chose ne va pas, et souvent, c'est pour un rien. Les nerfs lâchent pour une broutille sans importance et pourtant, ça fait toute la différence et je me retrouve avec une lame sur la peau. Le pire, c'est quand cela survient d'un seul coup, une envie soudaine, inexplicable et c'est effrayant de se dire que c'est de la dépendance en fin de compte. Vivre sans...cela arrive, quelques semaines mais au bout du compte, cela revient toujours.
Les seules choses de bien que j'arrive à faire, ce sont mes deux passions : l'escrime que je pratique avec ma meilleure amie, ça détend, ça défoule et je me sens bien après mais cela ne dure qu'un temps. Et l'écriture. J'écris un livre dont l'un de mes personnages principaux est presque moi, il me ressemble alors ça me permet de mettre sur papier ce que je ressens, de trouver des mots et de bien tout aligner. J'ai des moments de bonheur, oui, mais il y a toujours de l'ombre, je la sens toujours en moi ou non loin quand je suis bien. C'est une présence vivante qui me traque sans cesse.
J'ai honte de moi, honte de ce que je fais mais je ne peux pas m'en empêcher. Je me sens parfois tellement mal que j'en ai des nausées, des insomnies, des migraines. Comment expliquer cela à des personnes qui n'y connaissent rien sans prendre le risque de se faire juger ? C'est mal vu, pour le monde entier, il faut une bonne raison pour être dans cet état. C'est de l'égoïsme...ce mot ne me lâche plus depuis qu'on me la jeté en pleine face, je le trouve hors contexte, je le trouve faux mais il me ronge et me fait culpabiliser. Je ne comprend pas notre monde, je ne l'aime pas et je n'y suis pas à ma place, je me le répète souvent comme un disque qui tourne en boucle dans ma tête.
PS : Merci pour vos réponses. Je vais continuer à écrire ce que je ressens sur l'instant, ça évacue alors désolée si jamais c'est parfois mal rédigé. |
|  | | Eldariel

Messages: 52 Date d'inscription: 31/08/2009 Age: 24 Localisation: Centre
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Ven 14 Jan 2011 - 20:37 | |
| Comment expliquer aux gens ? Comment leur faire comprendre ce qu'on ressens ? Que ce qu'on peut faire, c'est pour évacuer la douleur au fond de soi, parce qu'on en a besoin ? Comment leur expliquer cela sans être jugé, sans recevoir de remarques ? On pense souvent qu'on a des amis, qu'on peut leur faire confiance, qu'on est entouré...mais au final, on se retrouve seul. Tout le monde fuit face à cela, c'est le silence de personne qu'on pensait être nos amis. On dit qu'on va mal, qu'on veut changer de sujet ou alors en parler mais on se fait rembarrer et on se retrouve seul au milieu de ce monde, en se demandant sur qui se retenir, sur quelle épaule pleurer. On finit par ne plus rien dire, on finit juste par...souffrir en silence, seul, ne pouvant compter que sur soi même et encore, la confiance envers soi, l'estime que l'on a de soi et plus bas que zéro la plupart du temps.
Je ne supporte plus tout cela. J'ai envie de faire quelque chose d'irréparable ou de me couper encore plus profondément jusqu'à ce que les larmes coulent en commun avec mon sang, juste pour dire que "non, je ne suis pas égoïste. C'est vous qui l'êtes en prenant de la distance alors qu'une personne à qui vous dites être son ami a besoin d'aide". Je m'éloigne aussi de mon coté, oui, je l'avoue, car j'ai peur de subir encore des réflexions qui font mal mais j'ignore ce qui est le plus douloureux. Le fait d'être incomprise et jugée ou de se retrouver seule, dans le fond, l'un de va pas sans l'autre. Faire le premier pas et retourner vers eux ? Je l'ai déjà fais et je ne veux plus le refaire, ce serait avouer que j'ai tort, qu'ils ont raison de dire que c'est lâche d'avoir de telles pensées, de vouloir agir ainsi, d'être égoïste alors qu'on a la chance de pouvoir vivre. C'est vrai, c'est malheureux pour ceux qui veulent vivre et qui ne le pourront pas mais peut-on être juger sur cela ? A-t-on le droit de faire des reproches à des personnes qui n'arrivent pas à trouver un sens à sa vie, qui se sent mal dans sa peau au point d'en être malade ? A-t-on le droit de répondre à une explication avec des "c'est du n'importe quoi", "réfléchis un peu, c'est ridicule", ou encore des "pffff" ? Expliquer ne sert à rien, les mots ne veulent rien dire.
J'ai fais un rêve une fois, un maudit rêve mais je me suis couchée tellement mal que cela ne m'a pas pour autant choquer car je l'ai pensé bien fort : une tentative de suicide et avec un simple mot disant "si les mots sont si insignifiant, voilà du concret". Tout ce qu'on voit à l'extérieur, c'est la tristesse qu'on a, une joie de vivre avec une ombre qui plane sans cesse, des cicatrices qui on a recours à la mutilation, peut-être faut-il mettre les gens face à la situation pour qu'ils comprennent enfin quelque chose.
Je suis peut-être dure ce soir mais le besoin de dire quelque chose est grand. Je t'attends pas obligatoirement de réponse, je veux juste être entendue, je veux juste me dire qu'on m'écoute quelque part sur cette maudite terre. Je veux juste sortir ma colère, ma honte, mon déséspoir de la vie...
Bonne soirée à tous, Eldariel. |
|  | | teuteuf86

Messages: 36 Date d'inscription: 12/01/2011 Age: 28
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Sam 15 Jan 2011 - 19:42 | |
| Salut la miss, franchement tu m'a ému sur tes réflexions car je me suis posé les mêmes questions et c'est encore le cas! (études, avenir, etc...) Par ou commencer, déjà pour les idées noires je pense que certaines personnes s'écoutent trop ou pas assez. Je m'explique, à force de te dire que tu es nulle ou quelqu'un de pas bien dans ta tête tu arrive a te convaincre, c'est la même chose avec le "ça ne va pas" donc je te conseille de faire un exercice c'est celui de te trouver une phrase tel que "je suis quelqu'un de bien et je vais réussir à faire quelque chose de bien dans ma vie" et de te la répéter tout les jours plusieurs fois jusqu'à ce que tu en ai marre  , à force tu arrivera à te convaincre et aller vers une voie plus positive!! Sinon pour le fait de mettre fin à tes jours j'y ai déjà pensé une fois mais je me suis dit que ça servirai à rien de faire ça car si j'en venais à être vraiment au bout du rouleau je préfèrerai "sacrifier" ma vie au profit des autres comme le font certains en allant aider les miséreux de ce pauvre monde! Je ne sais pas si ce que j'ai écrit va t'aider à éclairer ta lanterne! bonne soirée |
|  | | morganne
Messages: 56 Date d'inscription: 30/12/2010
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Dim 16 Jan 2011 - 1:57 | |
| bonsoir eldariel je crois que certaines personnes n'ont pas la capacité a écouté ou peut etre juste écouté le temps du récit et après ils vaquent a leurs occupations , mais l'angoisse et les questions restent en nous .. alors difficile de prendre son baton de pelerin et de dire mais je souffre , je vous assure je suis mal .. si tu as envie de parlé nhésites pas  |
|  | | Clair de lune Admin

Messages: 3559 Date d'inscription: 11/06/2010 Age: 54
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Dim 16 Jan 2011 - 12:04 | |
| Bonjour | Citation: | | Sa fait mal d'entendre ça, de comprendre qu'on ne peut pas être écouter sans être juger. Je me sens terriblement seule depuis cela, ça date d'une semaine et c'est une amie qui m'a balancé ça en pleine tronche. Je n'arrive plus à me confier à ma meilleure amie alors qu'elle a toujours su comment agir avec moi. J'ai l'impression d'être abandonnée même si je m'éloigne volontairement pour éviter de souffrir à nouveaux de telles paroles. |
Apparemment, tu te sens encore bien plus mal depuis que ton amie t'a "jugé" il y a quelques jours ? Il est toujours difficile de se sentir "trahie" par une amie de longue date, mais si tu nous expliquais ce qu'elle t'a dit et qui t'a tant fait souffrir. Quelles sont ces paroles qui t'ont fait si mal ?
| Citation: | | Je ne comprend pas notre monde, je ne l'aime pas et je n'y suis pas à ma place, |
Tu ne comprends pas notre monde, le monde en général, ou le monde qui t'entoure, celui qui t'es proche ?
| Citation: | | il y a toujours de l'ombre, je la sens toujours en moi ou non loin quand je suis bien. C'est une présence vivante qui me traque sans cesse. |
Que représente "cette ombre" ? Comme tu peux le constater, nous te lisons et nous te répondons, donc tu n'es pa seule  |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Dim 16 Jan 2011 - 16:03 | |
| Je lis les post mais je ne réponds pas toujours. Mais je constate bien ta difficulté de vivre. C'est pareil pour moi. Je fais avec, et comme je peux, même si je recherche partout, dès que possible des aides. Depuis quelques mois, je pense qu'il ne nous faut pas beaucoup de choses matérielles pour aller mieux, mais aller vers les autres, leur tendre la main et on va la saisir et t'aider. L'échange entre nous est riche, et les mots sont tout aussi importants que les émotions, nos sentiments et nos réactions. |
|  | | Eldariel

Messages: 52 Date d'inscription: 31/08/2009 Age: 24 Localisation: Centre
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Jeu 20 Jan 2011 - 23:26 | |
| Bonsoir, merci beaucoup pour vos réponses, je vais tenter d'y répondre.
Teuteuf86 : Se dire qu'on est capable de quelque chose, qu'on peut réussir, oui, se le répéter dans la tête peut servir. C'est ce que je me dis quand je bosse mes cours, ça encourage (en plus, j'aime les matières que j'étudie, une bonne chose), cependant, quand je vois mes résultats des partiels qui sont une horreur même si cela avait bien démarré, ça fait plomber le moral plus qu'il ne l'est déjà. Les notes définitives sont le 25 avec le jury mais les profs nous ont communiqué les résultats et même s'il m'en manque une ou deux, j'ai déjà fais ma moyenne et c'est foutu pour valider le semestre. Se dire que je suis bonne à quelque chose...là, je me dis plutôt l'inverse en fait. Certains me disent de relativiser mais ce n'est pas eux qui ont fait une réorientation après avoir échoué à un diplôme (une fois) et qui rate cette réorientation (donc 2 échecs). J'ai presque perdu 4 ans après le Bac...pour ne rien avoir au final. J'ai peur des résultats qui arrivent, même si je les devine, une fois devant les documents, j'ignore comment je vais réagir. La seule chose pour laquelle je suis bonne à quelque chose, c'est mon loisir de pratiquer l'escrime. 4h par semaine, ça défoule et ça fait du bien...oui, au moins quelque chose pour laquelle je suis un minimum douée même si j'ai raté tout le reste.
Morganne : C'est même plus que de ne pas savoir écouter, c'est claquer la porte au nez. Un minimum d'écoute, c'est trop demander ? Apparemment oui. Sa donne l'impression de déranger, du coup, c'est la distance et le silence, puis vient les questions "qu'est-ce qui t'arrive ? Tu fais la gueule ?". Certaines baffes se perdent.
Clair de lune : Ce qu'elle a dit ? J'aurai dû enregistrer la conversation pour pouvoir tout retranscrire. Je vais essayer d'expliquer ça au mieux. Un soir, ma meilleure amie étant indisponible (problème de famille), une amie que je considère comme proche (au présent ou au passé, je ne sais pas encore) était connectée sur msn, rapidement, j'ai été la voir car j'avais besoin de parler à quelqu'un et je pense que j'aurai été voir n'importe qui vu dans l'état où j'étais. Je m'étais mutilée, et pas tendrement, une forte envie de me couper les veines et d'en finir. J'étais en larmes et j'ai essayé au mieux de lui parler, de lui expliquer de ce que j'avais fais, que je me faisais peur moi-même.
"C'est stupide, totalement ridicule. N'importe quoi de faire ça," qu'elle a répondu. Sur le coup, c'est passé et j'ai raconté ce que je ressentais, pourquoi je faisais cela. Que c'était pour évacuer mon mal-être, pour évacuer quand quelque chose n'allait pas, que cela pouvait même arriver sans que rien ne le prévoit, que c'était presque "instinctif" et que j'en avais besoin. Elle : "Pffff...tu nages dans ton malheur sans voir le coté positif, sans relativiser. Tu fais ça pour un oui ou pour un non, rater ses examens n'est pas une raison pour faire ça. C'est agir dans l'extrême et c'est n'importe quoi." Moi : "Chacun réagit à sa façon. Certains sont plus fragiles et sensibles que d'autres." Elle : "Mouais, une excuse bidon quoi. C'est égoïste de réagir de la sorte comparé à certaines personnes qui vivent vraiment dans le malheur. Tu ne sais pas ce que c'est le malheur." Moi : "Le malheur est différent pour chacun d'entre nous, tu n'as pas à balancer ce genre de chose. Et donc, pour toi, les personnes qui sont en dépression ou autre, sans raison valable parce que, à priori, tout va bien dans leur vie, sont égoïste ?" Elle : "Oui, c'est dans la tête tout ça. Tu le créé toi-même ton malheur, tu y prends plaisir même." Moi : "Je doute que tu saches de quoi tu parles. Je doute que tu connaisses vraiment ce sujet et je demande juste à être écouter, pas à être jugé en se faisant engueuler" Elle : "Je ne juge pas. Je dis ce que je pense." Moi : "Ah oui ? Et dire que ce sont des gestes stupides, ridicules et que je suis égoïste, c'est quoi à ton avis ?" Elle : "Oh et puis merde. Quand tu en auras finis avec tes conneries, tu viendras me voir."
Bon, en gros quoi mais le principal est là même si la tournure des phrases ne sont pas identiques. Il y a eu d'autres trucs encore, des reproches, encore et toujours, sans prendre en compte ce que je disais, comme si mes explications étaient justes une excuse pour expliquer quelque chose de lâche. Car, ah oui, pour elle, les personnes agissant ainsi sont des lâches, les personnes ayant des pensées sombres, sont des lâches. J'ai pris de la distance mais parfois, je lui envoie quelques messages qui semblent déranger et c'est souvent des réponses dans le genre "A bah te revoilà, tu n'es pas morte ?". Comment prendre ça ? Je n'ai pas osé répondre à son message et après, c'est "Tu me fais la gueule ? Je ne vois pas pourquoi."
Je me demande parfois si c'est moi qui prend mal tout cela. A-t-on vraiment le droit d'avoir ce genre de paroles face à une personne qui ne pense qu'à une lame et au suicide ? Est-ce moi qui réagit mal ? Dois-je revenir vers elle ? Je n'y arrive pas, j'ai peur de recevoir encore des remarques, des reproches, je ne veux plus de cela surtout venant de la part d'une personne qui semble incapable d'écouter. Comprendre ? Je ne recherche pas vraiment ça car il faut connaitre ou avoir vécu la situation pour la comprendre.
Je me sens fautive, pourtant, je n'arrive pas à voir ce que j'ai fais de mal. Est-ce mal d'aller mal ? D'être mal dans sa peau, dans sa tête ? Est-ce un crime ?
Le monde en général, je ne comprend pas le monde en général. J'arrive pas à l'expliquer, je n'y trouve pas ma place. Mon monde, c'est celui dans lequel je me réfugie, celui que je me suis créé pour essayer de me sentir en sécurité et bien quelque part. C'est peut-être ignorer la réalité mais ça me convient. Parfois, je n'ai pas envie de sortir de chez moi car je dois faire face au monde. Je me dis que mourir nous permet de revivre là on devait être à l'origine, que ce monde là, n'était pas le nôtre et que notre vie était ailleurs.
Je ne sais pas ce qu'est cette ombre. Moi peut-être, je me fais peur avec mes pratiques peu recommandables et mes noires pensées. L'avenir qui semble incertains peut-être aussi. L'ombre de l'isolement, une ombre qui me dit "tu ne peux compter que sur toi même".
Saylor : Se saisir des mains qui nous sont tendues, je l'ai fais mais beaucoup m'ont lâché. La seule personne en qui je peux avoir totalement confiance, c'est ma meilleure amie. Avec elle, pas besoin de mot, un sourire pour réconforter ou son épaule pour pleurer...Heureusement que des personnes comme elle existent, heureusement que des personnes comme vous existent pour avoir le temps de lire et de répondre. Et voilà, je pleure maintenant. Je me suis retenue quand j'ai commencé à rédiger mais je crois qu'il fallait que ça finisse par sortir.
Je pense que je vais aller au lit, il est tard et j'ai cours demain. Merci si vous prenez de nouveau le temps de lire, ça fait chaud au coeur.
Bonne nuit, Eldariel. |
|  | | Ariane
Messages: 944 Date d'inscription: 26/07/2010
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Ven 21 Jan 2011 - 11:24 | |
| | Citation: | Je me sens fautive, pourtant, je n'arrive pas à voir ce que j'ai fais de mal. Est-ce mal d'aller mal ? D'être mal dans sa peau, dans sa tête ? Est-ce un crime ?
|
Si cette personne en arrive à porter atteinte à son corps, se mutiler, donc prendre le risque de se tuer, la réponse est OUI c'est un crime.
La mutilation est un crime, au même titre que la dépendance à la cigarette par exemple. Les deux ont le même but, se détruire soi-même. Donc tu auras beau retourner cet acte dans ta tête mille fois, dire que tu n'en es pas responsable, que c'est plus fort que toi, que ton mal vient sans doute de plus loin, que tes amis ne savent pas t'écouter et te réconforter, il n'en reste pas moins que la réponse à la question "Est-ce un crime?" est OUI.
|
|  | | Clair de lune Admin

Messages: 3559 Date d'inscription: 11/06/2010 Age: 54
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Ven 21 Jan 2011 - 12:42 | |
| Non Eldariel, tu n'es pas fautive d'aller mal, de ne pas te sentir bien dans ta peau, et c'est encore moins un crime que de se mutiler, un crime c'est une "infraction contre quelqu'un d'autre" et non contre soi-même, là c'est plutôt une forme de "suicide", mais surtout des appels au secours pour faire comprendre aux autres que tu n'es pas bien, que tu souffres de tout ton être. La mutilation te permet d'évacuer des tensions, des douleurs qui sont toujours en toi, tu dis avoir su mettre des mots sur ces problèmes, que tu en as compris certains (d'autres posts lus), en es-tu certaine ? Nous ne sommes pas là pour accuser et pour juger, mais pour apporter un soutien, pour écouter et rassurer. |
|  | | Ariane
Messages: 944 Date d'inscription: 26/07/2010
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Ven 21 Jan 2011 - 13:08 | |
| J'espère CDL que tu ne penses pas que je juge mal Eldariel. Je ne la juge pas du tout.
En revanche juste au niveau du ressenti, je considère que cet acte est criminel. Je ne parle pas au sens de la loi, et n'attend aucune condamnation de cet acte bien entendu.
Mais si moi, je peux ressentir la mutilation comme un crime (contre soi-même), il est de mon devoir de le dire, pour qu'Eldariel comprenne que cet acte peut grandement faire fuir certains et que ce qui paraît évident pour elle, ne l'est pas pour tous.
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|  | | Clair de lune Admin

Messages: 3559 Date d'inscription: 11/06/2010 Age: 54
 | Sujet: Re: Perdue, abandonnée... Ven 21 Jan 2011 - 13:32 | |
| Je ne pense pas que tu la juges mal, mais j'ai peur qu'elle prenne le mot Crime dans le mauvais sens. Un psychologue aurait-il employé ce terme, je doute fort pour avoir suivi des débats à ce sujet et lus des articles. Tu parles donc en fait de ton propre "ressenti" face à la mutilation, est-ce vraiment un devoir de faire part d'une perception "propre" en pensant que celle-ci pourra remédier au problème intense que vit depuis plusieurs années Eldariel ? Je ne pense pas que le fait de se mutiler est une évidence pour Eldariel puisqu'elle en parle avec souffrance. La mutilation peut faire fuir effectivement "certains ou certaines" mais il serait bon alors que ces personnes se posent des questions plus profondes quant à cet acte auto-destruteur. CDL, qui préfère Clair de lune (est-ce si long que cela à écrire..) sinon je me serai inscrite sous ce sigle, je suis pas une société mais une personne, pour une fois c'est dit... |
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