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| | Personne à qui le dire... | |
| | Auteur | Message |
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Misrata

Messages: 5 Date d'inscription: 27/04/2011
 | Sujet: Personne à qui le dire... Sam 30 Avr 2011 - 21:02 | |
| Bonjour,
Je sais, j'ennuie tout le monde avec mes histoires, mais je n'ai personne à qui le dire. J'ai besoin d'aide, besoin de quelqu'un à qui parler, quelqu'un qui m'écoute. Personne ne le fait, ou si peu. Je n'ai pas envie de soûler avec tout ça.
J'ai 27 ans. Je travaille dans le domaine de la sécurité. Je souffre d'un trouble non répertorié sur le forum, on appelle ça le syndrome d'Asperger, une forme atténuée de l'autisme, pour laquelle j'ai été diagnostiqué et qui me donne le droit à une pension d'invalidité et un traitement spécial, notamment dans mon travail. Je suis aussi un traitement donné normalement aux bipolaires parce que j'ai des symptômes très similaires et je vous épargne mes névroses multiples.
Je commence par cela pour que vous voyiez bien le contexte dans lequel je me situe mentalement.
Il est difficile de tout dire ce que je ressens dans un seul message, et surtout si je veux qu'il ne soit pas trop long. Je vais alors essayer de faire court sachant que le flux de fréquentation de ce forum est assez faible, mais ce n'est pas trop grave, je crois.
Que choisir ? De quelle problématique devrais-je donc vous parler ? Le choix est difficile, il y a tellement de choses à dire. Je vais choisir alors ce qui est d'actualité, j'entends ce qui me fait le plus souffrir à l'instant même.
Ceux qui auront eu la volonté d'aller se renseigner sur ce syndrome auront une idée des problèmes que je peux rencontrer, une idée seulement, la vie qui est la mienne en est bien loin !
Vous allez, je l'espère, vous habituer à ce que je suis : un homme égocentrique ( voir le nombre de " je " dans mes messages ) un homme très fragile, changeant qui se plaint très souvent, un Caliméro en somme.
Mon contexte familial n'est pas bon, il n'est pas sain. C'est difficile d'expliquer en quoi, ce serait trop long, il aurait fallu créer un topic à ce sujet. Ma famille va mal, dans son ensemble et individuellement chacun de ses membres a un problème. Elle m'a contaminé par son malêtre, alors que, même sans cela la vie aurait été délicate pour moi.
Les situations les plus difficiles sont nombreuses. Socialement je ne m'en sors pas. Je ne sais pas quoi faire. Si je me mets en avant ça ne passe pas, si je ne le fais pas ça ne passe pas non plus. Si je m'enferme j'en souffre, car j'aime les gens, le contact, les rencontres, mais si j'essaie de m'ouvrir aux gens l'on ne se comprend pas. C'est un peu comme si j'étais un homme de l'espace qui débarquerait sur Terre. Au début ils sont intrigués, mais très vite ils se méfient et on tendance à interpréter tout ce que je dis de la mauvaise manière. Ne sachant pas ce que je suis, à défaut, ils agressent, sait-on jamais. Alors c'est là que ça s'enchaîne car avec l'enfance que j'ai eue, je suis très fragile et j'ai un sentiment de persécution, souvent à raison d'ailleurs. Alors je me défends, ou j'agresse à mon tour, ils me répondent sur le même ton, ou pire, je me justifie en expliquant qu'ils n'avaient pas à m'agresser d'entrée de jeu etc., le cercle vicieux en mis en place. C'est tout le temps comme cela.
Autrement je fais quoi ? Je peux aussi aller vers les autres, et, pour ne pas créer de problème je me tais sur ce que je pense, car je suis une personne qui a une opinion sur beaucoup de choses, des principes, une morale bien assise avec des valeurs que j'aurais envie de défendre, mais la plupart du temps je ne le fais pas. J'ai déjà essayé, et ça c'est toujours très mal passé. Je ne comprends pas le comportement des gens, et eux ne comprennent pas le mien. Il y a un mur qui nous sépare, le mur de l'incompréhension, deux mondes qui se côtoient mais ne parlent pas le même langage.
Mon mode de pensée est tellement différent qu'il influence toute ma vie, dans ce que je fais, ou ne fait pas, ce que je dis ou ne dit pas, ce que j'aime ou n'aime pas, ce qui me touche ou ne me touche pas, ce qui m'agace ou pas etc. Bien souvent je suis totalement à côté de la plaque, sur un ensemble de choses, que ce soit sur ce que je comprends, que ce soit sur ce que je ressens, ce que je crois voir, ce que je crois comprendre, ce que je pense faire comprendre, faire croire etc.
Mes sens ne sont pas toujours connectés tous ensemble. C'est difficile à expliquer. Je peux être facilement absorbé par une chose, qui demande l'activité d'un sens ( ou plusieurs ) en particulier est c'est comme si les autres se mettaient en pause, en mode veille. Cela me fait ça aussi quand je sature, quand un sens ne peut plus supporter l'agression qu'il subit, comme la musique trop forte. Alors dans ce cas précis, ma vue se floue, et mon champ de vision se rétrécie, mon ouïe baisse, c'est comme si un voile protecteur venait se placer devant moi en me protégeant de l'agression, mais me rendant très maladroit... Le stresse peut aussi avoir ce genre d'effets indésirables.
Pour reprendre les problèmes que je rencontre socialement, je ne sais donc plus quoi faire. Bien sûr, parfois ça se passe bien, il y a des gens qui sont plus ouverts que d'autres. Il arrive que l'on me dise les choses telles qu'elles sont, avec franchise, tact et précision, et c'est vrai que cela m'aide, à comprendre mes erreurs, à comprendre là où je suis, là où je me situe dans un contexte social donné.
Ce que certaines personnes, celles avec qui ça se passe mal, n'arrivent pas à comprendre, c'est que tout cela, du début à la fin, n'est pas volontaire. Ils s'imaginent des choses, comme quoi je serais quelqu'un de mauvais, de ci ou de ça alors qu'il n'en est rien. J'ai mon fonctionnement, ce que je fais a une raison, mais jamais celle de la pure méchanceté. Je me défends comme je peux. Surtout que je suis souvent confronté à des situations étant seul conte tous, ce qui n'est pas évident à gérer.
Vous n'imaginez même pas les humiliations que j'ai pu subir dans ma vie. Je ne sas d'ailleurs pas comment ça se fait que je sois encore vivant. Bien sûr, j'ai fait quelques tentatives, sans succès : le but était surtout de faire réagir plus que de mourir vraiment, car, au fond de moi, même quand j'étais au plus bas, j'ai toujours gardé espoir d'un meilleur lendemain, j'ai la foi en moi, ou en autre chose. Je ne comprends pas comment je peux réagir comme cela. Il y a eu des situations que j''ai vécues humainement insupportables, une telle souffrance psychologique que l'on a l'impression que notre âme s'est éteinte, on cherche mais l'on ne trouve plus la lumière en nous, on semble être totalement vidé. A chaque fois, c'est une part d'humanité que je perds et je me rapproche de ma mort. Je ne comprends pas que même dans ces situations-là je ne ressentais pas de colère, pas de haine, alors que j'aurais dû en ressentir vu la méchanceté gratuite que l'on me faisait subir. D'un côté ça me rassure, d'un autre ça m'inquiète. Je me dis que mon instinct de survie doit être trop faible pour que je réagisse comme je devrais réagir, alors sans doute suis-je déjà un moitié mort.
La réalité est difficile à vivre, c'est pourquoi je la fuis de plusieurs façons. Mon activité favorite, enfin, ma fuite favorite c'est le sommeil. J'appelle ça " ma petite mort " car c'est un suicide duquel l'on renaît.
Mon message me semble déjà assez long. Vous avez une idée de ce que je peux vivre, même si c'est plus complexe que cela. Des réponses me feront plaisir, s'il n'y en a pas ce message sera conservé pour que je puisse le lire plus tard.
Ne me plaignez pas - je sais que vous ne l'auriez pas fait - parce que je ne suis pas à plaindre. J'ai beaucoup de chances d'avoir la vie que j'aie. |
|  | | Kalon

Messages: 2440 Date d'inscription: 20/12/2010
 | Sujet: Re: Personne à qui le dire... Dim 1 Mai 2011 - 19:07 | |
| J'ai aidé et communiqué par théléphatie avec des autismes
Oui tu ne fonctionnes pas comme tout le monde et alors ?
Les gens peuvent communiquer avec vous s'ils s'en donnent la peine ,
mais apprends toi , à t'accepter comme tu es
De ton handicape , Cherche à t'en faire un atout dans un domaine ou dans un autre
Tu as bien des qualités que d'autres n'ont pas ...regarde bien au font de ton coeur |
|  | | Clair de lune Admin

Messages: 3559 Date d'inscription: 11/06/2010 Age: 54
 | Sujet: Re: Personne à qui le dire... Lun 2 Mai 2011 - 18:54 | |
| Misrata, tu peux avoir confiance, tu n'ennuies personne avec tes récits, bien au contraire, nous apprenons à mieux te connaître. Tu avais déjà ouvert un post dans une autre rubrique pour nous faire part de tes problèmes au sein de ta famille et avec ton amie. Je reviens donc ici pour te répondre.
Tu n'es certainement pas quelqu'un de mauvais mais un jeune homme qui essaie de s'adapter avec la société dans laquelle il évolue. Cette "adaptation" doit effectivement être plus compliquée, déjà qu'elle est difficile pour nous tous. Alors, ne désespère pas, tu trouves certainememt des façons de fonctionner qui te sont propres et qui te permettent d'évoluer. Certains te comprennent, d'autres moins ou pas du tout, mais tu sais c'est un peu comme ça aussi chez les personnes qui se disent sans problèmes...alors reste toi-même et fais-toi confiance.
Je ne te plains pas, tu as un handicap disons une chose en plus, je ne dirai pas en moins, qui te donne des facultés que d'autres non pas et c'est vrai que, pour toi, la communication et l'implication dans la vie sont plus délicates à réaliser, avec confiance et persévérance tu devrais y parvenir même si c'est un peu plus long, prends "ton temps", chacun son rythme.
Tu aimes dormir pour t'évader de tous tes tracas, mais le sommeil est aussi libérateur, il nous permet de rêver et dans les rêves, tu as toutes possibilités qui s'offrent à toi.
Lorsque tu emploies le mot "je", ça ne veut pas dire du tout que tu es égoïste, que tu ne penses qu'à toi. Tu t'identifies, c'est tout, Je c'est Moi, Moi je suis... c'est donc toi tout entier. C'est très bien que tu parles ou écris en employant ce petit mot qui veut dire que tu te "re-connais".
Si tu souhaites écrire et t'exprimer sur ce que tu penses de la vie, de la société, des personnes qui t'entourent, de ce que tu souhaiterais voir changer, de ton passé que tu portes si lourdement, allège toi... Ici, personne ne te jugera, tu es libre de d'émettre et de développer tes idées et tes ressentis.
As-tu des passes-temps, aimes-tu la musique ou autres... .
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|  | | mina
Messages: 20 Date d'inscription: 04/12/2010
 | Sujet: Re: Personne à qui le dire... Jeu 30 Juin 2011 - 3:27 | |
| Salut Misrata,
J'ai lu ton message, et décidé de le prendre dans un premier temps tel quel pour te répondre. C'est à dire que je ne sais donc pas ce qu'est le syndrome d'Asperger, mais que je sais simplement ce que tu dis ici.
En dehors des effets de cette forme d'autisme sur les sens, je ne trouve pas que tu sois différent d'autres personnes. Je te trouve très humain, très sincère, et les sentiments que tu décris de même. Je souhaiterai te donner mon opinion dans le même contexte: humain et sincère.
Je ne reviendrai pas sur ton histoire personnelle et familiale. On ne change pas le passé.
J'ai l'impression que tu te justifies beaucoup à priori, à cause d'expériences malheureuses que tu décris. Que tu as eu beaucoup de remarques négatives de la part des autres, que ça a blessé ta sensibilité, et que tu t'en protèges en prenant les devants. C'est parfaitement logique, et je dirai que tout un chacun dans une situation similaire, mais manquant de confiance en soi, agit de même. La société dans son ensemble, et les gens qui la composent, ont souvent beaucoup de mal à accepter la différence. Voir la possibilité de la différence. Sans chercher à comprendre l'autre, pour ne pas se remettre en question. D'où de l'agressivité et de la stigmatisation de tout ce qui est différent de soi... sans comprendre que ce sont les différences qui font notre richesse commune! L'évolution sociale me paraît bien lente; par contre le développement personnel comme on dit, c'est faisable par chacun sur soi-même. Si suffisamment de personnes avancent, la société avancera. Tu devrais travailler (seul et/où avec une aide) à faire la part des choses dans les réactions des autres: quand une remarque où une réaction doit être considérée, et quand elle ne doit pas être prise en compte outre mesure. Ceci protègerai ta sensibilité. Pour arriver à faire celà efficacement, il faudrait travailler à améliorer ta confiance en toi. Il existe des psychologues et des sophrologues qui peuvent vraiment aider dans ce sens, et des livres sur le sujet, alors... je te conseille de chercher dans cette voie. Elle fonctionne pour moi, et d'autres personnes.
Maintenant, je vais aller voir rapidement ce qu'est Asperger... et donc suite à cette lecture, mon opinion ne change pas sur ce que je viens de t'en dire. Je plussoie dans ce que te répond Clair de lune.
++
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|  | | catapulte35
Messages: 1 Date d'inscription: 09/07/2011 Age: 61 Localisation: ille-et-vilaine
 | Sujet: Re: Personne à qui le dire... Sam 9 Juil 2011 - 10:00 | |
| (Je sais, j'ennuie tout le monde avec mes histoires, mais je n'ai personne à qui le dire. J'ai besoin d'aide, besoin de quelqu'un à qui parler, quelqu'un qui m'écoute. Personne ne le fait, ou si peu. Je n'ai pas envie de soûler avec tout ça.) C'est toujours intéressant de voir comment telle ou telle personne gère ses propres difficultés relationnelles. Nous sommes tous confrontés à ce genre de problème. Tant de sensibilités différentes nous oblige à une certaine tolérance vis à vis des autres. Pour cela il est nécessaire d'essayer de comprendre leur point de vue pour ne pas les juger selon nos critères personnels. Sinon on va droit dans le mur. (Mon contexte familial n'est pas bon, il n'est pas sain. C'est difficile d'expliquer en quoi, ce serait trop long, il aurait fallu créer un topic à ce sujet. Ma famille va mal, dans son ensemble et individuellement chacun de ses membres a un problème. Elle m'a contaminé par son malêtre, alors que, même sans cela la vie aurait été délicate pour moi.) avoir une famille toxique est une des épreuves les plus difficiles dans la vie; on reconnaît le handicap physique et le handicap mental mais celui-ci est tabou!! et il nous oblige à nous chouchouter nous-mêmes si on veut survivre. Il ne nous reste hélas que peu de temps à consacrer aux autres et du coup cela ajoute à notre mal-être. (Autrement je fais quoi ? Je peux aussi aller vers les autres, et, pour ne pas créer de problème je me tais sur ce que je pense, car je suis une personne qui a une opinion sur beaucoup de choses, des principes, une morale bien assise avec des valeurs que j'aurais envie de défendre, mais la plupart du temps je ne le fais pas. J'ai déjà essayé, et ça c'est toujours très mal passé. Je ne comprends pas le comportement des gens, et eux ne comprennent pas le mien. Il y a un mur qui nous sépare, le mur de l'incompréhension, deux mondes qui se côtoient mais ne parlent pas le même langage. ) Les seules relations que l'on peut avoir avec les autres sans qu'elles soient toxiques sont les loisirs. On peut facilement cotoyer nos contemporains sans se prendre la tête en faisant de la rando ou du vélo. (Mon mode de pensée est tellement différent qu'il influence toute ma vie, dans ce que je fais, ou ne fait pas, ce que je dis ou ne dit pas, ce que j'aime ou n'aime pas, ce qui me touche ou ne me touche pas, ce qui m'agace ou pas etc. Bien souvent je suis totalement à côté de la plaque, sur un ensemble de choses, que ce soit sur ce que je comprends, que ce soit sur ce que je ressens, ce que je crois voir, ce que je crois comprendre, ce que je pense faire comprendre, faire croire etc.) Notre mode de pensée est influencé par nos ancêtres et donc on doit sans arrêt se forcer à penser ou agir autrement; Nous sommes enfermés dans des modes culturels qu'il faut briser pour être soi-même. (Ils s'imaginent des choses, comme quoi je serais quelqu'un de mauvais, de ci ou de ça alors qu'il n'en est rien. J'ai mon fonctionnement, ce que je fais a une raison, mais jamais celle de la pure méchanceté. Je me défends comme je peux. Surtout que je suis souvent confronté à des situations étant seul conte tous, ce qui n'est pas évident à gérer.) Il y a le bien et le mal, les gentils et les méchants mais où est le bien, où est le mal? en général les gens se regroupent en secte, religion, parti etc... pour imposer leur propre vision du bien ou du mal; le seul fait de ne pas se laisser embrigader nous oblige à être à contre-courant, c'est difficile bien sûr mais c'est toujours plus valorisant que de se complaire dans la facilité. (La réalité est difficile à vivre, c'est pourquoi je la fuis de plusieurs façons. Mon activité favorite, enfin, ma fuite favorite c'est le sommeil. J'appelle ça " ma petite mort " car c'est un suicide duquel l'on renaît. ) On m'a dit un jour que la décision que j'ai prise de quitter le foyer conjugal (homme et enfants) était une forme de suicide. Mais cette fuite m'a permis de me reconstruire! De même que le sommeil que je recommande; Voilà votre message m'a interpellé car je m'y reconnais. Amicalement votre. |
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