Bonjour,
J’aimerais volontiers obtenir un conseil de quelqu’un qui est confronté à la grande difficulté de fixer des priorités et de prendre des décisions. Je suis actuellement placé dans une insoutenable impasse et éprouve le besoin urgent d’agir car je ballote entre l’envie de reprendre les choses en main et l’envie d’en finir avec cette existence (les forces psychologiques et physiques commençant à faire défaut).
J’ai déjà posté sur ce site un topic dans la catégorie ‘dépression’ intitulé : « Dépression sévère : L’arbre qui cache la Forêt (une multitude de problèmes sous-jacents) », mais pour éviter aux lecteurs du présent topic de relire en détail les problèmes évoqués, je me permettrai de synthétiser la problématique.
Voilà : J’ai 43 ans et vis avec ma mère que j’affecte particulièrement car nous avons passé une vie misérable pour avoir été victime de violence physique, psychologique et dénigrement de la part de mon père décédé il y a maintenant 31 ans (en 1980). Volontairement je ne décrirai pas les détails de l’extrême violence à laquelle je fais référence (cela serait trop fastidieux et les détails seraient certes trop morbides à relater). Sachez simplement que je n’ai jamais, de toute mon existence, été confronté à pareilles atrocités (ni même au cinéma).
Si après son décès, nous sommes parvenu à refaire surface et ce moyennant les énormes efforts de Maman et moi-même (c’est-à-dire sans aucune aide extérieure), ce cauchemar que je pensais effacé de nos mémoires à soudainement refait surface il y a environ 1 an, suite à quoi j’ai éprouvé le besoin d’en parler avec un de mes oncles (le plus jeune frère de mon père) qui avait vécu 5-6 années avec nous et qui avait été non seulement témoin mais également victime de cette violence. Le but de ma démarche n’était certes pas d’obtenir des excuses de sa part (car il est totalement étranger à cette situation) ni même de quiconque d’autre de la famille (je lui avais d’ailleurs expressément demandé que cette discussion reste entre nous), mais d’obtenir une forme de reconnaissance de l’extrême souffrance que nous avons connue. Au lieu de nous tendre une écoute attentive et de tenter de nous encourager, il n’a pas hésité à répéter tout le contenu de nos discussions à ma Grand-Mère maternelle ainsi qu’aux autres oncles et le résultat en a été désastreux. Plutôt que d’admettre certains faits (qu’ils n’ignoraient nullement), ils ont préféré minimiser pour ne pas dire nier tout ce que j’avais évoqué). S’en est suivi un profond malaise (qui persiste d’ailleurs toujours) et des conséquences psychologiques dévastatrices à l’égard de Maman et de moi-même. J’ai longuement réfléchi à la suite à devoir réserver à cette situation et penchais entre la rupture relationnelle ou poursuivre notre relation comme si rien n’était. Après longue réflexion, j’ai opté pour la seconde solution mais en sachant que plus jamais rien ne sera comme avant !
Aujourd’hui, je suis occupé à passer à côté d’une promesse que je m’étais faite, à savoir de permettre à Maman et moi-même d’avoir une ‘revanche’ sur notre douloureux passé. J’estime avoir passé trop de temps à chercher les causes de notre mal de vivre et pense que c’est que de lui faire trop d’honneur que de continuer à nous détruire (nous morfondre) éternellement. L’heure est donc arrivé pour opérer des changements. On me dira que je suis donc dans le positif…mais il ne faut pas en retirer des conclusions trop hâtives. En effet, nous sommes tous deux confrontés à des problèmes de dépression sévère et je porte en quelque sorte une double casquette, à savoir celle de l’usager de la santé mentale et celui de l’aidant (en d’autres termes c’est grâce à moi que nous sommes encore en vie au moment où je vous parle, Maman s’avouant vaincue). Nous ne pouvons pas compter sur quelconque aide externe (ami, famille,..) ces personnes nous ayant laissé tomber (la crainte sans doute que la dépression est une pathologie contagieuse ?). C’est au moment où nous attendions simplement une écoute, un conseil que nous avons constaté qui étaient en réalité les personnes que nous fréquentions !
Maman (62 ans) et moi (43 ans) aimerions tant obtenir cette ‘revanche’ sur notre passé mais là où le problème se pose c’est que je ne parviens plus à fixer la moindre priorité et à prendre les décisions. En outre, la liste de choses à devoir réaliser est fort longue (ce qui n’arrange pas les choses). Parmi les choses à devoir changer, il y a des choses ‘anodines’ mais également des décisions comportant des risques (mais que ce soit dans l’une ou l’autre chose, je ne parviens pas à prendre de décision). J’ai bien tenté d’élaborer une sorte de liste mais je ne parviens pas à m’y tenir. Je consulte un psychiatre, mais nos discussions sont souvent stériles (je suis confronté à de l’incompréhension) et il ne voit qu’au travers de la médication (anti-dépresseurs, calmants,…changement à de multiples reprises de médocs…mais rien n’y fait et pour cause, je suis parfaitement lucide en conscient de l’enjeu !). J’ai également tenté ma chance auprès de psychologues mais là aussi j’ai été confronté à un échec. Au cours de la dernière tentative du genre, la psychologue me reprochait de tout le temps parlé du passé (de mon père) et m’a carrément ordonné de ne plus en parler car cela m’empêcherait d’avancer (comme si le cerveau d’un être humain était comparable à celui d’un disque dur d’ordinateur que l’on peut à tout moment formater !). Je lui ai ensuite demandé si elle pouvait m’aider à fixer des priorités et me coacher dans la prise de décision. Elle m’a répondu que ce n’était pas son rôle (je ne lui demandais pourtant pas de fixer elle-même les priorités et de prendre les décisions à ma place car je suis bien conscient que cela m’appartient !). Bref, les multiples tentatives auprès de psychiatres, psychologues n’aboutissent à rien de sorte que je suis devenu particulièrement hostile à tous ces ‘détenteurs du savoir’ (comme les qualifient une autre personne avec laquelle j’ai été en contact sur ce Forum). Aujourd’hui, je multiplie les autres tentatives de solution : Ex : J’ai intégré des groupes de discussion et tente au travers de ce forum d’obtenir des suggestions…mais non sans une certaine crainte, car lorsque j’ai posté mon 1er topic sur ce site, j’ai obtenu des réactions que je qualifierais d’un peu ‘crues’ (à attribuer à un manque de compréhension de ma situation). C’est la raison qui explique que je me suis absenté du forum durant une longue période. J’ose donc espérer que les personnes qui daigneront bien me prodiguer quelques conseils face à mon problème d’inertie décisionnelle le feront avec prudence ! A ce stade ci de la réflexion, je n’attends pas une aide face aux différentes décisions à devoir prendre, mais plutôt une méthodologie à pouvoir mettre en place en vue d’espérer effectuer des petites avancées.
Je me dois encore d’ajouter quelques petites précisions qui ont toutes leur importance.
Origines de cette inertie décisionnelle : Sans détour, ce que m’a fait endurer mon père.
C’est-à-dire que je faisais bien ou que je faisais bien, il parvenait toujours à trouver une faille pour prétexter de s’en prendre à moi. S’en est suivi que j’ai un caractère de perfectionniste, suis super exigeant avec moi-même et ne m’autorise aucune fausse note.
Une autre explication, c’est que j’ai manifestement perdu toute confiance envers autrui. Les multiples déceptions et trahisons (que ce soit sur le plan sentimental, amical ou professionnel) ont débouchées sur cette méfiance à l’égard de la société.
Certains d’entres-vous auront tendance à m’encourager à suivre des thérapies de type cognitive-comportementale ou systémique….je dois avouer que j’y ai déjà songé mais comme évoqué ci-avant, je suis devenu particulièrement hostile face à la catégorie des ‘psy’ !
Voilà j’en termine ici avec ce long post et j’attends vos suggestions avec impatience pour lesquelles je vous remercie d’ores et déjà.
Cordialement,
Luigi