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| | Relation mère/fille rompue | |
| | Auteur | Message |
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bikette76
Messages: 2 Date d'inscription: 11/11/2011
 | Sujet: Relation mère/fille rompue Ven 11 Nov 2011 - 19:49 | |
| Bonjour à tous, j'ai 21 ans, et je viens sur ce forum pour trouver des solutions, tout du moins des réponses qui pourraient m'aider à surmonter les difficultés que j'ai dans la relation avec ma mère. Je ne sais pas par où commencer... Voilà, actuellement je suis en troisième année de droit. J'ai cependant toujours "un pied en deuxième année", car il y a deux matières à coefficient 10 que je n'arrive pas à valider. J'ai eu cependant assez de points pour passer en troisième année, mais je galère. Ma mère attache une importance, excessive à mon goût, aux études. Sans vouloir me lancer des fleurs, mes professeurs m'ont toujours décrite comme une élève sérieuse, travailleuse, qui s'investit, consciencieuse, mais trop discrète à l'oral. Il est vrai que je suis réservée. J'ai eu un bac ES avec mention, et je me suis lancée dans des études de droit. La première année s'est déroulée sans problème, mais j'ai rencontré beaucoup de difficultés en deuxième année et j'ai dû redoubler. Les rapports avec ma mère ont commencé à se dégrader à partir de là (je précise qu'ils n'étaient déjà pas terribles avant). Elle m'en a beaucoup voulu. Ma mère a 52 ans. Elle a ce que l'on appelle un caractère entier (en gros, elle est toujours dans les extrêmes, c'est blanc ou c'est noir, et le gris n'existe pas). Elle a des avis très... tranchés... et il est très difficile de discuter avec elle. Son caractère impressionne au point que les gens n'osent pas l'affronter, pas même le peu d'amis qu'elle a. Ils préfèrent l'éviter ou se taire. Elle a vite estimé que si j'ai redoublé c'est uniquement parce que je ne travaillais pas. Ma mère a également fait une fac de droit après son bac, et elle a brillamment réussi (elle avait 15 quand tous les autres avaient 6). Persuadée qu'elle sait de quoi elle parle, elle a vite commencé à "m'enfoncer"... Pendant les réunions de familles, devant tout le monde et sans aucune gêne, elle dit haut et fort que "j'ai un poil dans la main si grand qu'il pourrait me servir de canne", ou encore que "je suis immature et insouciante", que "je suis bonne à rien" ... j'en passe... Ses brimades, remarques, réflexions, interviennent à un moment où moi-même je suis en proie au doute quant à mes études. Après avoir enfin réussi à passer en troisième année, j'ai toujours ces deux fichues matières à repasser, et après le redoublement, je me demande depuis plusieurs mois pourquoi j'ai choisi cette voie, pourquoi j'ai encore des difficultés à avoir ma L2 alors que des amies qui ne sont pas passées par la fac' sont déjà en master, voire dans la vie active, et sont indépendantes... Je me remets de plus en plus en question, à chaque fois après chaque échec, à tel point que je ne sais plus quoi faire pour avoir ma licence, et je ne comprends pas la réaction de ma mère qui m'enfonce au lieu de me rassurer. Il n'y a pas un mois elle a osé téléphoner à l'université pour demander des renseignements sur une possible réorientation me concernant, chose dont nous n'avions même pas parlé et que je n'avais personnellement même pas envisagé !!! La L2 est pour l'instant le seul échec que j'ai connu de toute ma scolarité, et je ne comprends pas pourquoi elle m'en veut à ce point. Désormais, nous en sommes au point où je ne peux plus être dans la même pièce qu'elle sans qu'elle "m'agresse" verbalement: "voilà la feignasse", "dis donc l'insouciante, la vie est belle ? quand est ce que tu comptes t'y mettre?" ou encore "tu ne vas quand même pas faire ta licence en 6 ans non?", "tu te rends compte que je remets en question mon projet de déménagement qui doit se faire dans 4 ans parce que je ne suis pas sure que tu obtiennes ta licence d'ici là? c'est de ta faute"... C'est de plus en plus difficile à entendre et à supporter, surtout que j'ai besoin de soutien, mon moral est au plus bas et je doute de moi-même... J'apprends aussi par des voisins, des collègues de mes parents, ou encore des amis qu'elle se déplace ou téléphone chez eux pour dire exprès du mal de moi. Du genre "la garce", "méfiez vous d'elle sous ses airs de ne pas y toucher, c'est une sale menteuse et une grande comédienne", "c'est une intéressée", "je vais la pousser à bout, je ne la supporte plus", "c'est une pompe à fric, elle profite de l'argent des autres"... Imaginez pour qui elle me fait passer... alors que sans prétention aucune, je demande rarement quoi que ce soit à mes parents, je leur demande rarement de m'aider... Il y a près d'un mois ça a dégénéré, nous étions à table quand elle m'a dit qu'elle en avait marre de payer ma fac (je précise qu'une année de fac vaut 350€ en licence environ, et que ma mère gagne à elle seule plus de 6000€/mois), parce que ça lui revenait trop cher. Le père de ma mère, mon grand père donc, avec qui ma mère ne s'entendait pas du tout, est décédé il y a juste un an, et j'ai hérité d'une somme conséquente. J'ai donc répondu à ma mère que si ce n'était qu'une question d'argent, je pouvais lui faire un chèque sur le champ, et qu'en échange, elle devait me foutre la paix avec mes études. Elle m'a répondu de manière toujours aussi agressive que ce n'était pas une question d'argent mais que j'avais 21 ans, et toujours pas de diplôme autre que le bac...  Réponse totalement contradictoire aux propos qu'elle venait de me tenir. Je lui ai demandé en quoi cela pouvait bien la gêner puisqu'il s'agissait de moi, non d'elle, et que c'était un problème personnel, et peu importe le fait de redoubler tant que plus tard je fais le métier qu'il me plaît et que je suis indépendante. Sur ce elle a fait une sorte de crise d'hystérie... elle est devenue rouge écarlate, les yeux complètement exorbités, elle m'a balancé mon assiette au visage, puis le porte vaisselle, elle s'est approchée de moi pour me gifler, je l'ai repoussé pour me défendre et elle est tombée par terre. Elle a hurlé tout ce qu'elle a pu que je la battais, et depuis ce jour, nous ne nous parlons plus. Je vis toujours chez mes parents, mais je n'ai qu'une hâte, c'est de partir. Je croise ma mère dans la maison, mais je l'évite au maximum, je ne lui parle pas, et elle non plus, je sors de la pièce quand elle y rentre, et quand elle prend des congés, je me réfugie à la bibliothèque. Je ne supporte même plus d'être dans la même pièce qu'elle. C'est physique, je ressens de la haine à son égard. Je précise que nous n'avons jamais été proches, et elle ne m'a pas élevé pendant ma petite enfance (je vis avec elle depuis que j'ai 7 ans, c'est ma grand mère paternelle et mon père qui m'ont élevée). Aujourd'hui c'était son anniversaire, elle a dit du mal de moi à tous les membres de la famille et les amis qui ont téléphoné pour le lui souhaiter. J'ai tout entendu et je ne sais plus quoi faire, ça fait plus d'un an que cette situation perdure, et c'est bien plus que je ne peux le supporter. Tout dialogue avec elle étant de surcroît impossible, je ne sais plus quoi faire... Je ne comprends pas pourquoi tant d'acharnement pour un "simple" redoublement. Je remercie ceux qui auront pris le temps de me lire, et de me répondre. Merci de votre aide, j'en ai grandement besoin. |
|  | | capucine

Messages: 168 Date d'inscription: 22/07/2011
 | Sujet: Re: Relation mère/fille rompue Sam 12 Nov 2011 - 7:20 | |
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Dernière édition par capucine le Lun 30 Jan 2012 - 5:39, édité 1 fois |
|  | | bikette76
Messages: 2 Date d'inscription: 11/11/2011
 | Sujet: . Dim 20 Nov 2011 - 17:08 | |
| Bonjour Capucine, tout d'abord merci d'avoir pris le temps de lire mon post, et d'y avoir répondu. Je vais essayer de répondre au mieux aux questions que tu as posé.
Concernant mon orientation, c'est moi qui ai choisi de faire du droit. Cela m'a toujours intéressé, peut être que je tiens cela de ma mère à qui le droit a beaucoup plu également, mais elle ne m'a pas forcé la main. Certes la comparaison est pesante, surtout qu'elle a fait son droit dans les années 1970, le droit communautaire n'était pas encore enseigné, comme toutes les conséquences que ce droit a eu sur le droit français en général, et cela a beaucoup compliqué les choses. Le droit des années 1970 et celui des années 2000 sont bien différents, les difficultés ne sont pas les mêmes. C'est bien pour cela que je trouve qu'il n'y a pas de place pour une comparaison.
Quant à mon Grand-Père, son décès était inattendu. Il avait 76 ans, et n'avait jamais été malade. Il fumait beaucoup mais n'a jamais eu de cancer. Il est entré à l'hôpital mi-septembre 2010, car son comportement était devenu étrange, et on a pensé à un début d'alzheimer. Après plusieurs analyses, les médecins nous ont annoncé 15 jours plus tard qu'il avait une tumeur au cerveau, qui avait déjà endommagé plus de la moitié de son hémisphère droit, que cette tumeur était inopérable, et qu'il lui restait 15 jours au mieux. On a appris cela le jour de mes 20 ans, et certes j'ai eu du mal à le digérer. Il a tenu 12 jours pendant lesquels son état s'est dégradé (paralysie, pertes de mémoire, coma...). Et il s'est éteint dans son sommeil.
Son décès est intervenu en plein pendant mes épreuves de contrôle continu, que j'ai complètement raté parce que je n'arrivais pas à travailler à ce moment là. J'étais pas mal secouée, surtout que tout juste 2 ans auparavant, j'ai perdu ma Grand Mère paternelle que j'aimais beaucoup et qui m'a en partie élevée. Les décès se sont enchainés dans ma famille les trois dernières années.
J'ai dû partir dans le 65 où il vivait (je vis en Normandie). Je ne le voyais pas souvent à cause de la distance, mais j'avais régulièrement de ses nouvelles, je lui téléphonais et écrivais beaucoup. Je passais au moins une semaine de vacances avec lui chaque année. J'y allais seule car ma mère ne voulait pas le voir. Je sais que ma mère lui a reproché d'être un mauvais père, il était dur avec ma Grand-Mère, ma tante et ma mère, et je sais qu'il n'hésitait pas à la ridiculiser devant la famille, les amis, lorsqu'elle n'avait pas de bonnes notes, en maths particulièrement. Une fois, elle était en 5ème je crois, et elle avait loupé un controle de maths. Il lui a mis un bonnet d'âne sur la tête le matin en partant au collège, et il l'a forcé à entrer dans l'établissement avec. C'est un parent d'élève qui a dû intervenir pour faire cesser cela...
Ma mère a quitté le domicile de mes grands parents à 18 ans pour faire ses études. Une fois indépendante financièrement, elle est partie vivre à l'autre bout de la France pour ne plus le voir. Elle a limité les contacts avec lui, jusqu'à ne plus en avoir du tout. Elle l'a même menacé de le faire interner si jamais il tentait de s'approcher d'elle. Mais elle ne m'a jamais empêché de le voir, surtout que je n'ai pas connu mon autre grand père, je n'avais que lui, dont j'étais assez proche. Avec moi, mon Grand Père ne s'est jamais comporté comme il l'a fait avec ma mère. Lorsque mon Grand Père est décédé, ma mère est tout de même venue à l'enterrement, pour aider ma tante et ma Grand Mère. Elle était incapable de se souvenir de quand elle avait vu mon Grand Père pour la dernière fois, et lorsqu'elle l'a vu sur son lit de mort, elle ne l'a même pas reconnu. Pas une larme, pas un geste, rien.
Je souligne que mon Grand Père avait exactement le même caractère que ma mère. Les chiens ne font pas des chats, et c'est bien vrai: il n'admettait pas qu'on puisse lui tenir tête, il avait toujours raison même quand il avait tort, il ne supportait pas qu'on puisse avoir un avis autre que le sien, les choses devaient toujours se dérouler à sa manière à lui. Il disait souvent "avec moi, on se soumet ou on se démet". Je ne cache pas que c'était un sacré personnage, mais il avait les qualités à la hauteur de ses défauts, et je me souviens de lui comme quelqu'un qui me faisait rire, qui me gâtait, qui s'occupait très bien de moi lorsque je passais les vacances chez lui. Il avait le relationnel très difficile, il a renvoyé 5 femmes de ménage d'affilé, ses amis lui ont tourné le dos, ma Grand Mère l'a quitté, ma mère et ma tante ont coupé les ponts, il n'y avait que moi, mon cousin, et deux ou trois de ses amis qui lui parlaient encore.
L'explosion de violence dont ma mère a fait preuve il y a plus d'un mois maintenant, m'a rappelé mon Grand Père. L'attitude qu'elle a eu, j'ai vu mon Grand Père l'avoir à l'égard de ma Grand Mère, avant qu'elle ne le quitte. Ma mère ne supporte pas que l'on puisse lui dire qu'elle ressemble à son père, et elle jure les grands dieux qu'elle ferait tout et n'importe quoi pour ne pas lui ressembler, et pourtant, et pourtant... C'est bien l'inverse qui se produit. Elle est de plus en plus difficile à vivre, comme lui, elle ne supporte pas la contradiction, comme lui, elle n'admet pas que les choses ne se déroulent pas à sa manière, comme lui... et j'en passe...
Quant à mon père, (mes parents sont mariés depuis bientôt 23 ans), c'est un fort caractère également, mais qui ne se manifeste pas de la même manière. Mes parents sont deux personnes très différentes. "Les opposés s'attirent". D'apparence il fait très réservé, mais il faut se méfier de l'eau qui dort, c'est quelqu'un qui a beaucoup de répondant et qui ne se laisse pas faire. Ma famille me dit que physiquement je suis le portrait craché de ma mère, mais le caractère, je tiens de mon père sans doute possible.
Mon père a 60 ans, et ma mère s'est beaucoup reposé sur mon père pour faire carrière (elle est cadre de la fonction publique). Mon père est un papa poule, alors que ma mère n'est pas du tout "maternelle". Je n'ai pas d'autre sujet de conversation avec elle que les notes, la fac, le métier, etc. Alors qu'avec mon père je parle de tout. Mon père fait cependant beaucoup de route pour aller travailler, il fait 200km par jour, il rentre le soir il est fatigué, et à son âge je le comprends. Surtout qu'il ne peut pas vraiment compter sur ma mère pour s'occuper des tâches ménagères, les rôles sont quelque peu "inversés" par rapport à la majorité des couples... C'est moi qui m'occupe du repassage, de la cuisine, etc. quand il ne peut pas le faire. Ma mère ne fait pas grand chose.
On a déjà discuté de tout ça, mais il m'a dit qu'il ne voulait pas prendre parti. Il est d'accord pour dire que souvent ma mère abuse, et il l'a déjà "calmé" plusieurs fois, en lui disant qu'elle exagérait et qu'elle extrapolait tout, mais il m'a dit qu'il ne voulait pas non plus se mettre ma mère à dos, et qu'il ne voulait pas faire le gendarme. Ce que je comprends.
J'ai deux petits frères, de 17 et 12 ans, mais ma mère est plus indulgente avec eux, car ils sont handicapés (le premier est malentendant de naissance, et le second est épileptique grave). Elle n'est pas derrière eux comme elle a pu ou est encore derrière moi. Mon frère de 17 ans a de bien moins bons résultats que moi au même âge, au même niveau, (il tourne autour de 9 de moyenne générale, quand j'en avais 12), mais il n'a pas subi de remarques, ou de pressions, comme moi j'ai pu y passer. Ma mère a tenté de me forcer à aller en première S, quand j'ai voulu faire ES, et il s'est passé la même chose que ce qu'il se passe actuellement. Mais elle n'a pas fait cela pour mon frère. Elle ne lui a rien dit lorsqu'il a choisi la section ES, alors que quand j'ai eu à faire ce choix au même âge, je me suis faite insulter de noms d'oiseaux par ma propre mère devant mes professeurs, lors des réunions parents/prof'... C'est comme si elle faisait une "fixette" sur moi.
Aujourd'hui on ne se reparle toujours pas. On se croise toujours dans la maison, mais on évite le plus possible. Etrangement, je me dis que pendant qu'elle ne me parle pas, je n'ai pas à subir sa pression, ses remarques, ses réflexions, et je me sens plus "libre" quand je sais qu'elle n'est pas là. Je ne sais pas si cela finira par s'arranger, mais je suis persuadée que ce n'est pas parce qu'on a un lien de parenté avec une personne qu'il faut tout accepter de cette dernière. Je refuse de me laisser marcher dessus parce qu'elle est ma mère et qu'il faudrait que je fasse ce qu'elle me dit de faire pour avoir de bons rapports avec elle. Elle l'a refusé de son père, pourquoi le vouloir de moi?
Merci encore de m'avoir lu, d'autant que mes posts sont longs. Et encore merci de votre réponse.
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